Portraits de France au Musée de l’Homme

PORTRAITS DE FRANCE

UNE AUTRE HISTOIRE DE FRANCE 

 

Le constat s’impose : les personnalités issues de l’immigration et des Outre-mer sont sous-représentées dans notre espace public. À la veille de l’entrée au Panthéon de Joséphine Baker, le Musée de l’Homme s’empare avec l’exposition « Portraits de France » de ce sujet de société en mettant en lumière les parcours de vie exceptionnels de 29 femmes et 29 hommes qui, venus d’ailleurs, méconnus, célèbres ou oubliés, ont été des acteurs décisifs du grand récit national. Ces 58 personnalités ont été retenues parmi les 318 noms proposés par le recueil « Portraits de France ».

 

En mars 2021, à la demande du Président de la République, Emmanuel Macron, et de la ministre déléguée à la Ville, Nadia Hai, un comité d’experts présidé par l’historien Pascal Blanchard a rendu un rapport comportant 318 biographies de personnalités incarnant la diversité française; de la Révolution à nos jours, issues de l’histoire des migrations, de l’histoire coloniale et de celle des outre-mer; dans leur relation à la France.

 

Le Musée de l’Homme s’est appuyé sur ce recueil pour imaginer l’exposition « Portraits de France », qui propose une autre vision des 230 dernières années de notre histoire.

 

« Ces femmes et ces hommes méritent d’être tirés de l’oubli. Toutes et tous enrichissent notre vision du passé et renouvellent la figure universelle du héros et de l’héroïne »

Aurélie Clemente-Ruiz, Pascal Blanchard, Yvan Gastaut – Commissaires de l’exposition

Cheminer dans des itinéraires de vie exceptionnels

Sous les traits de l’illustrateur Jacques Floret, ces visages guident le visiteur à travers les dates, les événements, les temps forts économiques, politiques, sociaux et culturels qui nous sont familiers. Des histoires parallèles qui ne viennent pas remplacer celles des figures nationales, mais plutôt compléter une photo de famille lacunaire.

 

Certains tel Pablo Picasso, Joséphine Baker, Lino Ventura, Aimé Césaire ou Nina Ricci sont célèbres et déjà inscrits dans notre mémoire collective, mais d’autres, délaissés méritent d’être tirés de l’oubli.

Chemins de fer français. Visitez l’exposition coloniale internationale [Paris], affiche inspirée par Joséphine Baker et signée Dransy, éditée par Vercasson, 1931.
Chemins de fer français. Visitez l’exposition coloniale
internationale [Paris], affiche inspirée par Joséphine Baker
et signée Dransy, éditée par Vercasson, 1931.

 

 

Qui connait : 

  • Do Huû Vi aviateur originaire de Saïgon venu combattre et mourir au Front pendant la Grande Guerre ? 
  •  Sanité Belair, considérée comme l’une des héroïnes les plus symboliques de l’indépendance d’Haïti en 1804 ? ;
  • la grande compositrice tchèque Vítězslava Kapralova, formée à l’École normale de musique de Paris, morte à Montpellier après l’invasion allemande de 1940 ? ;
  • ou l’un des premiers maires noir d’une commune de France métropolitaine, Raphaël Elizé, vétérinaire de métier engagé dans la Résistance avant de mourir en déportation à Buchenwald ?

Toutes et tous ont en commun leur engagement, direct ou indirect, pour la France. Direct, lors des turbulences qui ont scandé ces deux derniers siècles: Commune de Paris, Grande Guerre, Résistance… Indirect, par une activité économique, politique, intellectuelle, associative, ou culturelle, dont la France peut s’enorgueillir.

 

Ouvrir de nouvelles perspectives et questionner nos « grandes dates »


Entre découvertes d’itinéraires singuliers et stimulation intellectuelle, le parcours traverse 12 grandes périodes, de la Révolution française à la Belle Époque, de la Grande Guerre aux Années folles, de la Seconde Guerre Mondiale à la fin de l’empire colonial, de la France black-blanc-beur aux défis du XXIe siècle.

 

Installé dans le foyer Germaine Tillion (au nom d’une grande ethnologue engagée dans la Résistance et dans la décolonisation en Algérie) et dans l’atrium Paul Rivet du Musée, ce
parcours de 200 m2, ponctué d’oeuvres souvent inédites (photographies, documents d’époques et objets d’art populaire), chemine tout au long d’une grande frise chronologique rythmée par ces biographies renseignées et mises en scène.

 

Omar Victor Diop, Jean-Baptiste Belley, 2014,

Portrait de Jean-Baptiste Belley par Omar Victor Diop (Coll. Fondation Vuitton), Prix Nobel de chimie décerné à Marie CurieL’artiste devant sa toile de Picasso (Musée national Picasso-
Paris), discours de Gaston Monnerville prononcé au Sénat sur l’élection du Président de la République au suffrage universel, mais aussi affiche de concert d’Henri Salvadorpochettes de disques de Dalidacouverture de presse à la mort de Jean-Marie Tjibaou… sont autant de documents sensibles et éclairants.

 

Le musée de l’Homme : un lieu d’engagement

 

Le choix du Musée de l’Homme pour cette exposition, en partenariat avec le Groupe de recherche Achac, n’est pas anodin : c’est une ambition forte que de porter ce projet d’honorer ces femmes et hommes de France, dans leur diversité, leur singularité, leurs parcours souvent atypiques.

 

Une telle démarche s’inscrit pleinement dans les fondements de l’institution avec son passé scientifique d’études de toutes les sociétés humaines comme avec ses engagements dans la lutte contre toutes les formes de racismes, symbolisée notamment par le Réseau de Résistance du Musée de l’Homme de 1940.

 

Au sein du Muséum national d’Histoire naturelle, le nouveau Musée de l’Homme qui a rouvert ses portes en 2015 entend poursuivre ce rôle d’éveilleur de conscience, d’éducation
et de diffusion, à l’image de sa première exposition manifeste « Nous et les Autres. Des préjugés au racisme » ou de sa saison « En Droits ! » pour les 70 ans de la Déclaration universelle des droits de l’Homme de 1948.

 

« Portraits de France » s’inscrit pleinement dans cette dynamique et cette affirmation d’un musée engagé dans la société contemporaine.

 

Une exposition gratuite, ouverte à tous et notamment aux publics scolaires.

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