Le grand retour de l’Egypte à Paris !

Après le succès de l’exposition « Toutânkhamon – le Trésor du Pharaon » qui s’est tenue en 2019 à La Villette, la ville lumière devrait, si les conditions le permettent, se parer à nouveau de ses plus beaux atours égyptiens. En effet, le musée du Louvre accueillera dès 2022 l’exposition « Pharaon des Deux Terres. L’épopée africaine des rois de Napata » : Le grand retour de l’Egypte à Paris. 

Le VIIème siècle avant J.-C. ou la XXVème dynastie, dynastie kouchite

La Nubie, longtemps dominée par l’Egypte et fortement égyptianisée sous le Nouvel Empire (1550 – 1069 avant J.-C.), prend son indépendance lorsque Piânkhy souverain du royaume napatéen annexe sa voisine du Nord. Les souverains kouchites s’installent dans la région de la quatrième cataracte du Nil, au cœur du Soudan actuel, au pied de la « Montagne Pure » du Djebel Barkal, dans la ville de Napata.

Pendant près de cinq siècles, les rois de Napata ont prospéré. Les successeurs de Piânkhy règnent sur un immense territoire allant du Delta jusqu’à Khartoum.

Taharqa, « Pharaon des Deux Terres »

Taharqa, troisième souverain de la XXVème dynastie, est le plus connu. Il marque l’apogée de la dynastie mais également son déclin. Grand bâtisseur, il laissera de nombreuses traces archéologiques en Egypte et en Nubie. Il déplace sa capitale de Nubie, Napata, en Egypte, dans la ville de Thèbes. Cet acte lui permet de se voir couronner à Memphis en tant que « roi de Haute et Basse-Egypte » ; il est désormais « Pharaon des Deux Terres ».

Statuette du dieu Hémen et du roi Taharqa, Paris, musée du Louvre

L’art nubien ou « style kouchite »

L’art nubien se caractérise par un style archaïsant se manifestant dans la posture et le vêtement, empruntés à l’Ancien Empire. Cependant, le traitement du visage trahit une morphologie africaine donnant le « style kouchite » : de larges yeux, des sourcils marqués, des joues pleines, un nez épaté, des rides creusées autour des narines ainsi que des lèvres charnues. Le traitement des corps est trapu et massif : les épaules sont développées, le menton est carré, le cou ramassé et court. De plus, la coiffure, le « diadème kouchite » est caractéristique des représentations royales de la XXVème dynastie ainsi que le port de deux uraeus (représentation du serpent naja dressé portant un disque solaire) au front.

La réunion de trois grands musées

Pour cette exposition, le musée du Louvre s’associe au Museum of Fine Arts de Boston et au British Museum de Londres. Le MFA possède plus de 65 000 œuvres d’art de l’Egypte ancienne, de Nubie et du département du Proche-Orient, cela fait du musée l’une de premières collections d’antiquités au monde. Ces objets datant d’environ 6500 avant notre ère à 600 de notre ère ont pour la plupart été acquis lors des fouilles dirigées par l’archéologues George A. Reisner, en Egypte et au Soudan, entre 1905 et 1942.

La collection d’art nubien, le plus grande et le plus importante en dehors de celle de Khartoum, comprend des statues colossales des rois napatéens et de magnifiques bijoux leur ayant appartenu. On peut supposer que le musée saura, grâce à son expérience de l’exposition « L’Ancienne Nubie aujourd’hui » qui avait ouvert ses portes en 219, mettre en avant la magnificence de cette période riche de réalisations artistiques.


Statuette d’un souverrain kouchite, probablement Taharqa, Boston, Museum of Fine Arts


Le British Museum possède une collection de plus de 100 000 objets dont la majorité proviennent des fonds des deux collections du consul britannique Henry Salt. De plus, en reconnaissance de l’implication du musée dans les fouilles de sauvetage autour de la quatrième cataracte du Nil, soit au Soudan, le matériel d’étude provenant des sites de la région a été offert au musée par la National Corporation for Antiquities and Museum. 


Sphinx de Taharqa portant une calotte crânienne et un double uræus, Londres, British Museum

Le musée du Louvre, quant à lui, est la seconde plus grande collection d’antiquités égyptiennes après le Musée égyptien du Caire. Comme le musée de Boston, il s’agit également d’une des collections les plus équilibrées. En effet, le musée possède des chefs-d’œuvre de chaque période historique

Une exposition pour un chantier de fouilles

L’exposition sera en lien avec les fouilles archéologiques du musée du Louvre menées au Soudan, sur le site de Mouweis et à El-Hassan site non loin des pyramides de Méroé. Elle permettra ainsi, comme l’exposition de 2010, « Méroé, un empire sur le Nil », au grand public, de découvrir un peu plus la civilisation napatéenne, encore aujourd’hui, peu connue.

Imane machkour

Étudiante à l'école du Louvre passionnée d'art, d'histoire et plus généralement de toute forme d'apport culturel, je tenterai de vous partager mes découvertes.

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