Urban Riders de Mohamed Bourouissa, Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris

Du 26 janvier au 22 avril 2018

Au Musée d’Art Moderne de Paris.

 

Urban Riders est une exposition au processus créatif actuel et novateur.

Nous découvrons au Musée d’Art moderne de la ville de Paris cette exposition surprenante dans sa forme et son thème : le tuning hippique.

 

Pour développer son histoire d’urban riders ou de « cavaliers de la ville » , l’artiste plasticien Mohamed Bourouissa a réunit plusieurs ingrédients. Tout d’abord, il s’est rendu dans un quartier populaire de Philadelphie. Puis s’est rapproché des écuries associatives de Fletcher Street et a proposé d’organiser une journée du cheval, avec notamment un concours de tunning de cheval. Pour la mettre en place, il n’a pas hésité à demander l’aide d’artistes locaux aux participants pour créer des costumes et accessoires originaux.

Film Horse Day

 

Cette journée lui permet alors de créer un film aux allures de western : Horse Day. Il nous propose de le visionner sur deux écrans qui se croisent et mettent en scène les rencontres et les échanges rendus possibles par ce projet. Nous sommes donc dans une démarche presque humanitaire de l’art. Elle prend appui sur l’histoire d’un lieu et sur les difficultés de ses habitants pour en tirer une nouvelle force à travers une nouvelle vision.

 

Mohamed Bourouissa propose un renouveau des pratiques artistiques actuelles par un mélange des codes étonnants.

Ainsi nous avons affaire à un artisanat collectif à l’esthétisme bricolé.  Puis un art plutôt traditionnel avec une pratique du dessin et de l’encre (quand bien même les matières utilisées soient chargées de sens…). Ensuite, nous nous trouvons entourés par une pratique très contemporaine d’installation numérique; pour enfin finir le parcours devant des sculptures, métallisées et déstructurées, qui ne manqueront pas de nous rappeler quelques œuvres bien connues des futuristes italiens. Cependant vous verrez sur nos images, que rien n’est réellement segmenté dans l’espace. Il reste néanmoins un ordre chronologique certain qui facilite la compréhension.

 

Dessins 2015-2017. Le choix de ce dispositif nous évoque les box des écuries. Certains dessins ont été réalisés avec du jus de purin.

 

 

Mohamed Bourouissa nous surprend par cette mixité. Il nous apparaît comme un touche à tout qui n’a pas peur de tenter d’innover tout en s’appuyant sur ses connaissances poussées en histoire des arts (très largement prouvées dans son interview vidéo au début de l’exposition).

Voilà en ce qui concerne le respect que nous inspire cet artiste et sa démarche.

The Hood, 2017, tirages argentiques N&B et couleur sur plaques de métal, carrosserie, peinture, aérosol, vernis

 

Cependant nous noterons certaines longueurs dans « urban riders ». Notamment dans cette première vidéo explicative, que peu de gens sont en mesure de visionner en entier… Heureusement, un livre juste à coté, bien que peu mis en avant, contient l’intégralité de l’interview.

D’autre part, en s’intéressant vraiment à chaque recoin de l’exposition, nous voyons la richesse de la pensée qui alimente le projet, pourtant celle-ci n’est pas du tout mise en valeur au fil de la déambulation.

 

Les + :

Cela reste une exposition intéressante à parcourir :

  • Expérience esthétique très différente de ce que nous voyons habituellement,
  • Projet déconcertant par sa positivité et très bien argumentée
  • Découverte de nouvelles pistes de réflexion sur les processus de création actuels, ce qui ne manquera pas de passionner les étudiants en art.

 

The Hood, 2017

 

 

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