Renée Le bloas-Julienne

Comment le métier d’artiste est-il arrivé dans ta vie?

Renée Le bloas-Julienne Aucune idée. Je dirai tôt. Enfant sans doute avant même de pouvoir mettre le mot artiste dessus. Mais aussi loin que je m’en souvienne, j’ai toujours aimé dessiner, colorer les endroits où je vivais avec ce que j’avais sous la main (peinture, tissus, collage, trésors trouvés sur la plage, etc.). Encore aujourd’hui, c’est plus fort que moi. Peut-être qu’avant d’être un métier, c’est un état.

On est artiste, on naît artiste.

Je pense même que nous le sommes tous sauf que certains ont cette fibre plus exacerbée que d’autres. Ils ne peuvent pas s’empêcher de l’être envers et contre tout et parfois même contre tous. Et malgré le doute, notre fidèle compagnon, on en fait, un jour ou l’autre, notre métier.

Albert Camus a écrit « Nous tous, artistes, incertains de l’être, mais sûrs de ne pas être autre chose ».

C’est ça !

 

As-tu fais une école d’art?

Non. J’aurai sûrement bien aimé. L’enseignement, l’esprit d’émulation entre élèves durant une période doit être un bon apprentissage. J’ai pris un autre chemin mais j’ai toujours le sentiment d’apprendre et je suis toujours curieuse du travail des autres artistes en général.

Voyages-tu ?

Jeune, beaucoup. J’adorais mettre les voiles. Souvent j’alliais ces voyages en faisant des photos reportages pour des magazines comme Terre Sauvage ou Gd Reportage.

A la naissance de mes enfants, moins. J’ai écris des articles et des livres pour la jeunesse, c’était mon métier.

Quelles sont tes inspirations?

Ce n’est pas très original mais, comme beaucoup, la nature est ma source d’inspiration.
Je dois ça à mon premier grand  voyage en Polynésie Française. J’avais 19 ans et j’arrivais de Malakoff en région parisienne. Tahiti, Moorea, Bora Bora, Huahine … Un choc, une révélation ! Les couleurs, l’abondance de nature, les plongées sous-marines ont imprégné à jamais mon univers et mes créations.

Travailles-tu seule ou à plusieurs ?

J’aimerai beaucoup faire des collaborations. L’addition d’idées est toujours un plus. Pour l’instant je travaille seule. Mais quand un tableau est terminé, le partager avec les autres est un plaisir.

Tu exerces ce métier depuis combien de temps ?

7 ans maintenant que je fais des tableaux en résine. Environ 15 ans pour la peinture.

Quelles sont les étapes pour créer tes œuvres ?

Si c’est pour la résine, tel un petit chimiste, je fais  mes mélanges que je coule en une ou plusieurs couches sur (ou dans) différents supports. Tout doit être préparé minutieusement à l’avance, je dirai même chirurgicalement car la résine catalyse rapidement. Il faut être rapide et concentré. Si c’est pour la peinture, alors là, c’est l’inverse, le temps ne compte pas, on s’évade, c’est plus zen.

Pourquoi utilises-tu la résine comme matériau ?

J’adore. J’aime l’effet rendu. Chaque goutte de pigments versée dans l’époxy engendre une réaction inattendue. Je la travaille parfois en couches multiples pour lui donner de la profondeur, de l’éclat … J’aime quand la lumière la traverse et la fait briller comme du verre. J’aime les reflets que ça produit. Je dis toujours que mon travail est une sorte de « chaos organisé », un juste équilibre entre la maîtrise de l’effet recherché et une part d’imprévu. Je sais ce que je désire mais je tiens compte des réactions chimiques entre les différents médiums. Les effets les plus dingues sont parfois le fruit d’un heureux hasard… Ça m’émerveille. C’est bluffant ! Si on contrôle tout, il n’y a plus de magie. Mes résines révèlent alors toutes sortes de mondes étranges… Des galaxies, des récifs coralliens, le vivant, le minéral.

Que penses-tu du plastique ?


Il est partout.  Souvent mal utilisé, mal recyclé. Regarde autour de toi, tout est plastique et, si un objet ne l’est pas, c’est son contenant, son emballage, etc. qui l’est.

Pour l’Art, c’est pareil. Il pollue au même titre que toutes les activités qui rythme notre quotidien.
Les fabricants de peintures et de résines commencent à proposer des produits « bio » sans solvants, sans COV (composés organiques volatils).

Que faire à notre niveau ?
Essayer d’avoir un minimum de conscience éthique dans la pratique de notre art. Dans
mon travail, je n’en perds pas une goutte … Je dose et s’il en reste, je recycle instantanément sur un autre support. Pour nettoyer mon matériel, je n’ai jamais utilisé d’acétone mais tout simplement du vinaigre blanc. Et j’apporte mes bidons vides à la collecte qu’organise ma ville tous les mois.

Liens Instagram :
Résines
https://www.instagram.com/reneelebloasjulienne/
Acryliques
https://www.instagram.com/reneelbj/
Mail : rlbjjart@gmail.com
Renée Le Bloas-Julienne

Thais Borst

Sensible, accueillante, gaie, généreuse, j'ai grandi dans une famille d'artistes. J'ai fais de beaux voyages et cela m'a ouvert l'esprit et la curiosité d'une manière incroyable !

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