Rencontre avec Orianne Daudin, de retour du festival de Cannes

Comment as-tu eu envie de devenir comédienne ?

C’est arrivé un peu par hasard en fait, pour rien te cacher quand j’étais petite j’avais envie  d’être archéologue, j’étais passionnée par l’Égypte, Pompei, je pouvais regarder des reportages des heures durant. Puis j’ai découvert le mannequinat et j’ai commencé à rêver d’une grande carrière comme Cara Delevingne, Cindy Crawford.  A l’époque j’étais dans un collège privé à Dijon, où l’on faisait 8h de chant par semaine, sans compter les répétitions du samedi pour nos interventions à l’Eglise les dimanches. N’étant pas une bonne élève et étant assez difficile ils ont décidé de me faire redoubler ma 4e et de me faire passer dans la section théâtre. En parallèle j’étais victime de harcèlement scolaire de la part de mes camarades, et j’ai trouvé dans le théâtre une façon de m’exprimer, de m’amuser, de mettre mon énergie et ma créativité débordante au service de mes personnages. 

En parallèle j’étais victime de harcèlement scolaire de la part de mes camarades, et j’ai trouvé dans le théâtre une façon de m’exprimer, de m’amuser, de mettre mon énergie et ma créativité débordante au service de mes personnages. 

Quelle école as-tu faite ?

Il faut savoir qu’en sortie de collège déjà à l’époque on essayait de me dissuader d’être actrice, ayant une autre façon de fonctionner que le système scolaire ( qui reste je trouve encore aujourd’hui  adapté qu’à un certain type de personnes )  ils ont jugé bon de ne pas me faire passer en général, j’ai donc été contrainte de faire un Bac Pro, mes goûts pour la mode n’ayant pas disparu, je me suis redirigée vers le secteur de La mode.

A la suite de mes 3 ans de formation, le discours n’avait toujours pas changé ( Je ne serai jamais actrice et je ferrai bien d’arrêter de rêver). Mes parents ne voulant pas que je me lance sans diplôme après le Bac avant de partir sur Paris, j’ai mis au hasard des voeux sur la plate-forme post bac et je me suis retrouvée face a un BTS en alternance dans la  Maroquinerie. J’ai eu une chance incroyable durant ces deux années de formation de travailler chez LOUIS VUITTON en alternance et de découvrir le métier de Metteur au point. Sans surprise mes professeurs de maroquinerie/ D’art de l’époque n’ont pas coupé à la tradition de me dissuader de faire les cours Florent ( je ferai mieux de travailler à la technique ou en tant que costumière ). Une fois le diplôme en poche j’ai pris le premier train pour Paris, la rage au ventre et motivée comme jamais à être actrice. J’ai fait 1 an de cours Florent théâtre avec comme professeur Laurence Côte, puis je me suis redirigée après avoir passé le casting d’entrée, dans la Classe cinéma. Ma bonne étoile ne me quittant pas, j’ai eu l’honneur de pouvoir travailler avec Jean Bernard Marlin ( le réalisateur du film Shéhérazade primé aux Cesars en 2019 ) ainsi qu’Atisso Medessou avec qui nous avons tourné quelques court métrage, et Bruno Rolland avec qui en 3e année nous avons tourné un Long Métrage. Personne nous prépare à la dure réalité du métier en sortant d’une école comme celle-là, même si à côté je faisais tout pour passer des castings, tourner, aller sur les plateaux de tournages, quand on est sans filet on se retrouve vite à tourner en rond et a ne pas savoir ou donner de la tête, vers qui aller pour trouver du travail  etc…

 Donc j’ai eu besoin de faire une dernière année mais cette fois-ci dans une autre école : Le laboratoire de l’acteur. Je me dois de préciser que durant toutes mes études j’ai travaillé à côté ce qui m’a pas facilité la vie, ni même mon apprentissage et dieu sait que j’ai eu pleins de péripéties inimaginables. On n’a pas tous la chance d’avoir des parents qui peuvent nous aider ou qui ont des contacts dans le milieu,  et j’aimerais ajouter que même sans cela on peut s’en sortir, il faut s’accrocher et ne pas perdre espoir, même si cela va mettre plus de temps  ! je suis reconnaissante de ce que la vie m’a appris et de toutes les rencontres que j’ai faite car cela m’a permis de forger  ma résilience, et de mettre a l’épreuve mon envie de faire ce métier. 

Je suis reconnaissante de ce que la vie m’a appris et de toutes les rencontres que j’ai faite car cela m’a permis de forger ma résilience, et de mettre a l’épreuve mon envie de faire ce métier. 

Tu es allée  cette année au festival de cannes, comment on fait ? explique nous les démarches pour un jeune qui ne connaît  pas du tout le milieu

On prend le train ? (Rire) je rigole, évidement ! Chaque année je fais ma demande d’accréditation en ligne auprès du festival de Cannes, soit elle est refusée – soit elle est acceptée. Lors de ma demande, je joins une photo, mon CV, le lien de mon IMBD, une lettre de motivation ainsi qu’une lettre de mon agent. Ça vaut vraiment le coup de l’avoir car tu peux avoir accès au palais, au marché du film, à la billetterie pour voir des films, à la quinzaine des réalisateurs, aux sélections d’un certain regard. C’est une vraie chance car tu rencontres toujours du monde, par hasard au détour d’un café dans le palais, d’un film, d’une soirée etc

Est-ce ta première montée des marches ?

Non, c’est la 3e édition que je fais cette année, donc j’ai eu le temps de fouler le tapis rouge à plusieurs reprises. Mon objectif premier c’est de monter les marches pour un film dans lequel j’aurais joué et qui se retrouve en compétiton là-bas. 

Mon objectif premier c’est de monter les marches pour un film dans lequel j’aurais joué et qui se retrouve en compétiton là-bas. 

Quels sont les inconvénients du festival ?

La vie sur place devient tout de suite plus chère qu’en basse saison, il ya beaucoup de monde et parfois des personnes mal intentionnées, des personnes qui te promettent  monts et merveilles mais qui s’avèrent être des charlatans ou pas du tout du milieu. Il faut savoir rester sur ses gardes et ne pas s’éparpiller partout, avoir des objectifs précis en tête ! sinon tu loupes des occasions et tu passes ton temps à faire la fête or ce n’est pas du tout  l’objectif premier ! Donc c’est vrai que le manque de sommeil fait parti des inconvénients. Il faut savoir être raisonnable, cette année je me suis fixée une heure à ne pas dépasser de sortie,  pour être fraiche et disponible aux rencontres et rdv en journée. 


Quelles sont tes adresses fétiches à nous donner et tes endroits incontournables à ne pas manquer à Cannes ?

Il ya une adresse que n’importe quel festivalier et habitué de Cannes connaît c’est le petit majestic, il y a aussi le long de la croisette les plages privées, les bars des grands hôtels et pour ce qui est des soirées c’est un peu au petit bonheur la chance… il faut pouvoir avoir une invitation surtout pour la terasse by Albane the place to be à Cannes, c’est l’endroit le plus select de la croisette. Généralement les soirées se terminent à 2h donc tout le monde se retrouve dans les boites lorsqu’elles ne sont pas privatisées, ou dans les bars environnants. Il n’y a pas un endroit mieux qu’un autre, ce qui compte c’est toi, d’aller à la rencontre des gens, et comment tu vis le moment présent, comment tu te débrouilles avec les cartes que la vie te donne a un moment T, qu’est-ce que tu en fais ? 

Il ya pas un endroit mieux qu’un autre, ce qui compte c’est toi, d’aller à la rencontre des gens, et comment tu vis le moment présent.

Merci Orianne pour cette interview !

Merci à Thaïs Borst d’avoir réalisé cette interview

Thais Borst

Sensible, accueillante, gaie, généreuse, j'ai grandi dans une famille d'artistes. J'ai fais de beaux voyages et cela m'a ouvert l'esprit et la curiosité d'une manière incroyable !

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