Pour une vraie histoire des films : Un générique peut en cacher un autre.

Une programmation conçue par Philippe Garnier.

Du 14 au 19 septembre 2022 à la cinémathèque française.

Philippe Garnier est un journaliste qui a officié dans Libération à la rubrique Cinéma en tant que correspondant à Los Angeles pendant 29 ans avant d’y être viré en 2009. Il est aussi traducteur et écrivain. Il a notamment traduit pour la première fois en France l’écrivain américain Charles Bukowski avec son roman Le postier. Il traduit aussi Demande à la poussière de John Fante paru en France en 1986 dont la préface est écrite par Charles Bukowski. Le roman est adapté au cinéma en 2005 par Robert Towne. En tant qu’auteur, sa bibliographie compte trois livres sur le cinéma classique hollywoodien.

Après Sterling Hayden, l’irrégulier, sorti en 2019, élu meilleur livre de cinéma par la Société Française de Cinématographie, il publie Génériques : la vraie histoire des films en vente à la librairie de la Cinémathèque française publiée par la maison d’édition de Manuel Chiche: The Jokers. Les trois livres sont vendus en édition limitée (1000 exemplaires par volume).

 

C’est une anthologie en trois volumes, avec des biographies de films et une enquête sur les réalités historiques du cinéma. C’est un travail historique et critique à travers les archives qui retrace le processus de création de films américains des années 40 aux années 70.

Pour cette étude, Garnier a dépouillé tout ce qui accompagne la création d’un film :

  • les documents avec les étapes de scénario,
  • les dossiers de presse et matériaux publicitaires.

Un travail qu’il a réalisé dans différentes bibliothèques de Los Angeles.

 

Philippe Garnier remet en question la théorie des auteurs à la française, en ne centrant pas ses recherches autour du réalisateur, des auteurs ou du scénariste. Il enquête à partir d’archives estimées moins nobles que les scripts et les entretiens, en passant par le travail du producteur ou de la presse de l’époque. Ainsi, il propose de nouveaux champs d’études possibles pour des films déjà bien étudiés. Il met en avant la dimension collective de la réalisation artistique. Ses enquêtes sont racontées sous forme de récit pour apporter plus d’authenticité derrière la réalisation de ces films. C’est « un voyage à travers les archives des indépendants d’Hollywood ! » Il déclare lui-même: « il ne s’agit donc pas ici d’invoquer une nouvelle école ou approche dans l’étude du cinéma classique hollywoodien, mais de raconter des histoires »  « Il s’agit ici de raconter, de la façon la plus détaillée et la plus documentée possible, la génèse de certains films. ».

Pour accompagner cette publication la cinémathèque française a diffusé une quinzaine de films réalisée entre 1940 et 1980.

Ont notamment été diffusés les films

  • Pris au piège (Caught) de Max ophuls (1949),
  • La cité sans voiles (The naked city) de Jules Dassin (1948) 
  • Le secret derrière la porte (Secret beyond the door) de Fritz lang (1948).
L’évènement se nomme : Pour une vraie histoire des films: Un générique peut en cacher un autre. Ces séances sont commentées par Philippe Garnier et animées par Frédéric Bonnaud (directeur général de la Cinémathèque française).

 

Le 14 septembre était diffusé le film : Le grand chantage en anglais Sweet Smell of Success diffusé en 1957. Dans son livre, Philippe Garnier détermine pourquoi Le Grand Chantage, a été l’un des plus gros échecs financiers de son époque. La séance étant précédée par une présentation de Philippe Garnier, il nous a compté l’histoire derrière le générique de ce film. Le film raconte l’histoire d’un chroniqueur puissant à Broadway, prêt à tout pour éloigner les prétendants qu’il juge indignes de sa sœur. C’est une représentation sombre de la corruption des médias. Le scénariste Ernest Lehman est à l’origine du projet. C’est notamment lui qui a écrit La mort aux trousses. Ernest Lehman est présent dans le générique de ce film mais en revenant sur l’histoire, Garnier a réalisé qu’il s’était fait totalement avoir et évincer du projet. Ernest Lehman a vendu ses droits à Hecht-Hill-Lancaster Productions. Par la suite, le scénariste Clifford Odets, a repris le matériau de Lehman et réécrit le film. Selon Garnier, Clifford Odets, a amélioré le film. Le réalisateur Alexander Mackendryck qui n’était pas britannique mais américain (né à Boston d’origine écossaise) a rejoint la production en cours de projet. Avec Mackendryck, la Lancaster Productions perdait le contrôle du film produit par James Hill. Finalement, le film ayant couté trop cher, à provoque l’arrêt de la société de production. En effet, à sa sortie, Le grand chantage n’a pas marché. Sweet Smell of Success a néanmoins gagné en reconnaissance au fil des années. Etant classé comme un grand classique du cinéma un des derniers feux du film noir. La National Film Registry (NFR) l’a sélectionné en 1993, pour être conservé par la Bibliothèque du Congrès, étant “culturellement, historiquement ou esthétiquement significatif”. 

 

La cinémathèque française

Créé en 1936, la cinémathèque française se trouve dans le quartier de Bercy derrière l’Accord hôtel Arena. Elle a pour but de collecter des films anciens, pour les sauvegarder et les diffuser. C’est à la fois un musée, une médiathèque, un lieu de recherche et un lieu de conservation d’archives reconnu dans le monde entier. La cinémathèque propose des expositions sur des éléments qui ont marqué le cinéma. C’est aussi un cinéma, qui tout au long de l’année propose une programmation unique de films anciens. C’est donc l’occasion de découvrir des classiques du cinéma rarement diffusés.

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