La réouverture du musée du Parfum – Fragonard, ou le raffinement à la française

Un peu de magie de la culture et du raffinement français s’est échappée de l’Opéra Garnier pour venir saupoudrer, à deux pas, l’adresse du 9 rue Scribe. Depuis le 14 mars, le musée du Parfum – Fragonard y rouvre ses portes après plusieurs années de travaux. La restauration réussie de cet hôtel particulier Second Empire, construit en 1860 par Joseph Lesoufaché, plonge le visiteur dans un lieu où l’élégance de la scénographie fait écho à celle des flacons de parfums présentés.

 

   

 

Cette collection de flacons, unique au monde, retrace toute l’histoire du parfum de l’Antiquité à nos jours. L’homme apprend pour la première fois à apprivoiser les substances odorantes en Egypte, pour des raisons religieuses et funéraires ; le mot parfum vient d’ailleurs du latin « per fumum », puisqu’il était censé permettre de communiquer avec les dieux à travers la fumée. Puis l’invention du verre soufflé, outre son apport esthétique, permet une bien meilleure conservation du parfum.

Le parfum tel que nous le connaissons aujourd’hui apparaît avec le développement de la distillation entre le Xe et le XIIe siècle. Renommé protéger de la peste, le parfum devient un accessoire de mode que l’on porte sur soi dans des bijoux dédiés, les pomanders, pommes de senteur ou pommes d’ambre.

Au XVIIIe siècle, l’aristocratie se prend de passion pour les flacons orfèvrés, mais aussi les premiers flacons de porcelaine, particulièrement adaptés à la conservation de l’essence olfactive. Des contenants très originaux voient le jour, comme le nécessaire à parfum en forme de livre armorié de Marie-Antoinette, dernière acquisition d’Agnès et Françoise Costa qui continuent à enrichir la collection de leur père. Les dessinateurs de flacons du XXe siècle comme René Lalique ou Elsa Schiapparelli s’inscrivent dans la même recherche d’originalité.

Enfin, la dernière salle avec sa vue somptueuse sur l’Opéra aborde les aspects techniques du métier de parfumeur et de la fabrication du parfum. L’orgue à parfums présenté rappelle que les produits Fragonard sont toujours créés à Grasse, ville de gantiers parfumeurs depuis le XVIIe siècle.

Pour l’anecdote, c’est là le point commun entre la marque Fragonard et le peintre du même nom : Jean-Honoré Fragonard (1732-1806), peintre rococo, était né à Grasse où son père François Fragonard était garçon gantier.

Le musée ne s’étend que sur trois salles, mais elles sont riches en collections et la médiation de vingt minutes, tout à fait adaptée, en donne un résumé percutant. On regrette simplement qu’aucun test olfactif ne soit proposé ; mais l’expérience est à vivre grâce aux produits Fragonard proposés en boutique.

Victoire Houdré

Etudiante à l'Ecole du Louvre, je suis passionnée par la peinture française et européenne, peut-être parce que j'aime moi-même peindre et dessiner. Amateur d'art, artiste en herbe ou simple curieux, suivez-moi à travers les expositions parisiennes et je vous ferai découvrir ma passion pour l'art classique !

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