La Cinémathèque française fête ses 90 ans avec 180 films à découvrir à Bercy
Depuis le 2 septembre 1936, date à laquelle ses statuts furent déposés à la préfecture de police, la Cinémathèque française collectionne, préserve et projette les films du monde entier. Pour ses 90 ans, l’institution ne s’offre pas une exposition rétrospective ni un gala de prestige : elle propose quelque chose de bien plus rare — revoir les plus beaux films jamais tournés, dans les meilleures conditions qui soient. La rétrospective *Nos 90 ans en 180 films* court du 16 septembre au 29 novembre 2026 (une seconde partie s’amorce en décembre), au 51 rue de Bercy dans le 12e arrondissement, dans le bâtiment signé Frank Gehry. Ce n’est pas un marathon à cocher. C’est une invitation à ralentir.
Nos 90 ans en 180 films : le principe de la rétrospective
L’équation est élégante dans sa simplicité : 90 ans d’existence, 2 films par année, soit 180 films au total — et la règle, absolue, de ne jamais programmer deux fois le même cinéaste. Ce choix éditorial force une diversité réelle : pas de cinéaste-phare qui monopolise l’affiche, mais un voyage sincèrement mondial, qui zigzague entre continents, époques et genres.
La première partie de la rétrospective se tient du 16 septembre au 29 novembre 2026, avec une suite programmée à partir de décembre. Une façon de s’installer dans la durée, de revenir plusieurs fois, de choisir ses séances comme on choisit ses lectures — avec curiosité plutôt qu’obligation.
Un programme conçu comme une traversée
Couvrir 90 ans de cinéma mondial, c’est accepter de voyager très loin de ses habitudes. On y croisera des classiques attendus, des œuvres moins connues en France, des cinématographies rarement visibles sur les grands écrans commerciaux. La Cinémathèque ne cherche pas à faire consensus : elle cherche à faire découvrir. C’est précisément ce qui rend cette rétrospective précieuse pour qui veut vivre Paris autrement qu’en surface.
Un format à vivre à son rythme
Il n’est pas question de tout voir. La rétrospective s’étale sur plusieurs mois : on peut y passer une après-midi pour une séance unique, ou revenir régulièrement, film après film, comme on fréquente une librairie de quartier. C’est ce rapport au temps — délibérément non-urgent — qui fait de cette programmation une expérience parisienne à part entière.
La Cinémathèque française, côté Bercy : ce qu’il faut savoir avant d’y aller
Une confusion revient souvent : la Cinémathèque française n’est plus au palais de Chaillot depuis 1998. Elle est installée depuis lors au 51 rue de Bercy, dans le 12e arrondissement, dans un bâtiment dessiné par l’architecte Frank Gehry — l’une des silhouettes les plus singulières de Paris, avec ses volumes déboîtés et ses façades en inox et verre.
Le quartier lui-même mérite le détour : le parc de Bercy, juste en face, offre une parenthèse verte idéale avant ou après la séance. La salle de projection est sobre, bien équipée, avec une acoustique soignée — tout ce qu’on attend d’un lieu fait pour le cinéma.
Une réouverture après travaux
La Cinémathèque a fermé toutes ses salles de projection du 13 juillet au 15 septembre 2026 pour des travaux de rénovation : remplacement des fauteuils et des moquettes. La rétrospective des 90 ans démarre donc dès la réouverture, le 16 septembre, comme une promesse de fraîcheur retrouvée. Une façon symbolique, et très concrète, de remettre les pendules à l’heure.
Isabelle Huppert à la tête de l’institution
Autre fait marquant de cette rentrée : après dix-neuf ans de présidence de Costa-Gavras, c’est Isabelle Huppert qui a pris les rênes de la Cinémathèque en 2026 — première femme à occuper ce poste. Une passation symbolique, dans une maison qui célèbre précisément le temps long et la transmission.
Tarifs et billetterie : la grande accessibilité de la rétrospective
C’est l’un des arguments les plus forts de cette programmation : les séances de la rétrospective *Nos 90 ans en 180 films* sont proposées à 1 € pour les moins de 26 ans, via le tarif spécifique « Top 180 18-25 ans » à sélectionner à la billetterie en ligne ou sur place.
Pour les autres publics, les tarifs de la Cinémathèque restent parmi les plus accessibles de Paris : 7 € en plein tarif, 5,50 € en tarif réduit, 4 € pour les 18-25 ans (hors offre spéciale rétrospective), 3,50 € pour les personnes en situation de handicap ou bénéficiaires de minimas sociaux, et 4 € pour les moins de 18 ans (3 € avec la carte CinéFamille enfants).
Idéal pour les jeunes cinéphiles et les adolescents curieux
À 1 € la séance pour les moins de 26 ans, la Cinémathèque ouvre grand ses portes aux lycéens et étudiants qui n’ont jamais eu l’occasion de voir du cinéma mondial hors des plateformes. C’est aussi une sortie idéale à proposer à un adolescent de 12 ans et plus : pas de bruit, pas de marketing, juste un film et l’obscurité d’une vraie salle.
Pourquoi y aller maintenant, et pas « bientôt »
Les rétrospectives de cette ampleur sont rares. Voir 180 films sélectionnés avec soin, dans une salle dédiée, avec un public cinéphile et silencieux, c’est une expérience que ni les plateformes ni les multiplexes ne peuvent reproduire. La Cinémathèque offre ce que Paris a de mieux : de la culture sans fracas, de la profondeur sans pédanterie.
Et puis il y a quelque chose d’émouvant à partager une salle obscure avec des inconnus autour d’un film tourné il y a cinquante ou soixante-dix ans. C’est une des rares expériences collectives encore disponibles en ville, hors des concerts et des manifestations. Une façon de se souvenir que le cinéma, avant d’être un contenu, est une expérience commune.
Une sortie à programmer comme un rituel
Plutôt que de consulter la programmation en urgence, prenez le temps de parcourir le calendrier complet sur le site de la Cinémathèque. Choisissez un film qui vous attire — un titre inconnu, une période qui vous échappe, un pays dont vous n’avez jamais vu le cinéma. Réservez à l’avance, prévoyez de flâner dans le parc de Bercy avant la séance. Faites-en un vrai moment, pas juste une activité.
À combiner avec le quartier de Bercy
Le 12e arrondissement, souvent ignoré des circuits touristiques, vaut la promenade. Le parc de Bercy, les anciens chais transformés en Bercy Village, les bords de Seine — tout invite à prolonger la sortie cinéma par une balade tranquille. C’est exactement le genre de journée parisienne dont on se souvient longtemps.
Conseils pratiques
- Consultez le programme complet de la rétrospective sur cinematheque.fr avant de vous déplacer : les séances ne sont pas toutes aux mêmes horaires et certains films peuvent afficher complet rapidement.
- Si vous avez moins de 26 ans, pensez à sélectionner le tarif ‘Top 180 18-25 ans’ à 1 € directement à la billetterie — il n’est pas mis en avant par défaut, il faut le chercher.
- Arrivez 10 à 15 minutes avant la séance : la Cinémathèque ne pratique pas l’entrée en cours de film et les portes ferment à l’heure.
- Profitez du parc de Bercy juste en face pour un pique-nique ou une promenade avant la séance — c’est un des jardins les plus apaisés de Paris rive droite.
- Évitez les dimanches après-midi pour les films les plus connus de la programmation : les séances peuvent être très demandées. En semaine ou le samedi matin, l’ambiance est plus intime.
- La Cinémathèque est accessible depuis la station Bercy (lignes 6 et 14) ou Cour Saint-Émilion (ligne 14) — comptez 5 à 10 minutes à pied selon votre point d’arrivée.
Quatre-vingt-dix ans de cinéma, 180 films, un seul endroit : la rue de Bercy. La Cinémathèque française ne fait pas les choses à moitié, mais elle les fait sans bruit. Pas de campagne massive, pas de spectacle autour du spectacle — juste des films, bien choisis, bien projetés, dans une salle rénovée qui sent encore le neuf. C’est exactement le Paris qu’on aime ici : celui qui offre des expériences profondes sans en faire trop. Alors si vous cherchez une sortie qui vous laissera quelque chose au-delà du souvenir d’une file d’attente, notez les dates, parcourez le programme, et choisissez un film que vous ne connaissiez pas encore. Le reste suivra.
Pour aller plus loin
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Questions fréquentes
Où se trouve la Cinémathèque française ?
La Cinémathèque française est située au 51 rue de Bercy, dans le 12e arrondissement de Paris, dans le bâtiment conçu par l’architecte Frank Gehry. Elle n’est plus au palais de Chaillot depuis 1998 — une confusion fréquente due à son ancienne adresse dans le 16e arrondissement.
Quelles sont les dates de la rétrospective ‘Nos 90 ans en 180 films’ ?
La première partie de la rétrospective se tient du 16 septembre au 29 novembre 2026. Une seconde partie est programmée à partir de décembre 2026. L’ensemble court donc bien au-delà d’un simple marathon : c’est une programmation étalée sur plusieurs mois.
Combien coûte une séance à la Cinémathèque ?
Le plein tarif est de 7 €, le tarif réduit de 5,50 €. Pour cette rétrospective spécifiquement, les moins de 26 ans peuvent accéder aux séances à 1 € grâce au tarif ‘Top 180 18-25 ans’. Les moins de 18 ans paient 4 € (3 € avec la carte CinéFamille).
Faut-il réserver à l’avance pour la rétrospective ?
La réservation en ligne est recommandée, surtout pour les films les plus attendus ou les séances du week-end. La billetterie en ligne est disponible sur cinematheque.fr, où vous trouverez également le programme complet et les horaires détaillés.
La rétrospective est-elle adaptée aux adolescents ?
Oui, à partir de 12 ans pour les films sans restriction particulière. C’est même une sortie idéale pour les adolescents cinéphiles ou curieux : l’ambiance est calme, le tarif à 1 € pour les moins de 26 ans rend l’expérience très accessible, et la programmation couvre des cinématographies du monde entier rarement visibles ailleurs.
Qui préside la Cinémathèque française en 2026 ?
Isabelle Huppert a pris la présidence de la Cinémathèque française en 2026, succédant à Costa-Gavras qui occupait ce poste depuis dix-neuf ans. Elle est la première femme à présider l’institution depuis sa fondation en 1936.
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