Septembre à Paris, c’est le retour du métro plein, des agendas qui se remplissent et de cette étrange impression que tout recommence en même temps. Heureusement, il y a aussi la rentrée culturelle.
Et cette année, elle donne presque envie que l’été se termine.
Eva Gonzalès au Petit Palais, Warhol au musée du Luxembourg, Kerry James Marshall au Musée d’Art moderne, Cezanne au Grand Palais, Monet à l’Orangerie… Les grandes institutions parisiennes ont sorti l’artillerie lourde.
Mais j’ai volontairement gardé aussi quelques expositions plus discrètes. Entre une rétrospective attendue par tout Paris et une petite exposition découverte presque par hasard, ce n’est pas forcément la première qui laisse le meilleur souvenir.
Mis à jour le 4 septembre 2026 · Sélection établie avant l’ouverture des expositions.
Une précision importante : au moment où je mets cet article à jour, ces expositions n’ont pour la plupart pas encore ouvert. Cette sélection repose donc sur les programmations annoncées par les institutions, et non sur dix expositions que je prétendrais déjà avoir visitées.
Je compléterai l’article avec mes impressions au fil des visites.
Pour choisir d’autres sorties culturelles, vous pouvez également retrouver notre rubrique Paris culturel et notre guide Que faire à Paris en 2026 .
Les expositions de septembre 2026 en un coup d’œil
| Exposition | Lieu | Ouverture | Je la choisirais pour… |
|---|---|---|---|
| Art Brut Ressourcé | Halle Saint-Pierre | 11 septembre | Sortir des grosses expos |
| Delacroix, chevaux et autres animaux | Musée Delacroix | 12 septembre | Un petit musée calme |
| Eva Gonzalès | Petit Palais | 15 septembre | Faire une vraie découverte |
| Auguste Bartholdi | Musée d’Orsay | 15 septembre | Comprendre la Statue de la Liberté |
| Andy Warhol | Musée du Luxembourg | 16 septembre | Découvrir un Warhol différent |
| Kerry James Marshall | Musée d’Art moderne | 18 septembre | La peinture contemporaine |
| Artistes au Muséum | Grande Galerie de l’Évolution | 23 septembre | Art + science |
| Cezanne et nous | Grand Palais | 23 septembre | La grande expo de rentrée |
| Un vestiaire à soi | Palais Galliera | 26 septembre | Mode + histoire sociale |
| Monet, peindre le temps | Musée de l’Orangerie | 30 septembre | Le centenaire Monet |
Art Brut Ressourcé à la Halle Saint-Pierre
Je commence volontairement par celle qui fera probablement moins de bruit que Warhol ou Cezanne.
La Halle Saint-Pierre invite le centre d’art brut et contemporain belge La « S » Grand Atelier autour du concept d’Art Brut ressourcé. L’exposition s’intéresse notamment à la création collective et à des artistes dont beaucoup vivent avec un handicap mental.
Ce qui m’intéresse ici, c’est justement que l’exposition sorte du modèle de la grande rétrospective spectaculaire.
On parle de création, d’expérimentation, de collaboration et surtout de la façon dont l’art brut continue d’évoluer aujourd’hui.
Et puisqu’on est à la Halle Saint-Pierre, je garderais du temps pour sa librairie et pour une promenade dans Montmartre plutôt que de repartir immédiatement vers un deuxième musée.
Delacroix, chevaux et autres animaux
Le musée Delacroix est déjà, à lui seul, une bonne réponse aux jours où l’on a envie de voir de l’art sans affronter un musée gigantesque.
Cette rentrée, le nouvel accrochage s’intéresse aux chevaux, lions, tigres et autres animaux qui traversent l’œuvre du peintre.
Le point de départ est particulièrement intéressant : deux études d’étalons récemment acquises et restaurées sont présentées pour la première fois au musée .
L’exposition revient également sur l’importance prise par le cheval dans l’imaginaire de Delacroix, notamment après son voyage au Maroc en 1832.
Après la visite, inutile de reprendre le métro : profitez-en pour marcher dans Saint-Germain-des-Prés.
Eva Gonzalès au Petit Palais
C’est probablement l’exposition que j’attends le plus dans cette sélection.
Eva Gonzalès est souvent citée à côté de Berthe Morisot et Mary Cassatt, mais son nom reste beaucoup moins connu du grand public.
Le Petit Palais lui consacre une monographie présentée comme la première rétrospective d’envergure consacrée à l’artiste, en France comme à l’international. Eva Gonzalès fut également l’unique élève d’Édouard Manet.
Et c’est justement ce qui rend l’exposition intéressante : sortir Eva Gonzalès de cette seule relation à Manet pour regarder son œuvre pour elle-même.
Portraits, intérieurs, figures féminines, scènes du quotidien…
Autre avantage : le Petit Palais est un endroit où je conseille toujours de rester un peu après l’exposition. Son jardin et ses collections permanentes évitent le côté « entrée – expo – sortie » de certains musées.
Auguste Bartholdi : La Liberté éclairant le monde au musée d’Orsay
Tout le monde connaît la Statue de la Liberté.
Beaucoup moins de personnes pourraient raconter précisément comment elle a été imaginée, financée, construite et finalement installée à New York.
Pour le 250e anniversaire de la Déclaration d’indépendance américaine, Orsay consacre une exposition à Auguste Bartholdi, le sculpteur à l’origine de la célèbre statue.
Le musée complète l’exposition par une expérience immersive en réalité virtuelle.
On parle ici à la fois d’art, d’histoire, de politique, de prouesse technique et de relations entre la France et les États-Unis.
Andy Warhol : La ligne et l’image au musée du Luxembourg
Les Marilyn, les boîtes de soupe Campbell et les portraits de célébrités sont tellement devenus des icônes de la culture populaire qu’on pourrait presque croire connaître Warhol sans réellement connaître son travail.
Le musée du Luxembourg prend justement le problème à l’envers.
Andy Warhol. La ligne et l’image se concentre sur le dessin, qui a accompagné toute la carrière de l’artiste.
L’exposition rassemble près de 150 dessins, accompagnés notamment de peintures, photographies, sérigraphies et documents d’archives.
On y retrouve ses débuts d’illustrateur publicitaire, mais également des dimensions plus personnelles de son travail.
La billetterie est déjà ouverte. Et Warhol + musée du Luxembourg + rentrée parisienne : personnellement, je réserverais mon créneau.
Kerry James Marshall : The Histories au Musée d’Art moderne
Voilà probablement la grande exposition de peinture contemporaine de la rentrée.
Le Musée d’Art moderne organise la première exposition française consacrée à l’artiste américain Kerry James Marshall.
Le parcours rassemble 70 œuvres, dont huit peintures inédites réalisées spécialement pour l’exposition.
Depuis plusieurs décennies, Kerry James Marshall place les personnes noires au centre de grandes compositions qui dialoguent avec l’histoire de l’art occidentale.
Mais je me méfierais d’une présentation trop simpliste du type « exposition engagée ».
Ce qui paraît particulièrement intéressant ici est la manière dont Marshall utilise les codes mêmes de la grande peinture historique pour modifier ceux que l’on représente, ceux que l’on regarde et ceux à qui l’histoire de l’art accorde traditionnellement une place.
Artistes au Muséum
Le Muséum national d’Histoire naturelle fête ses 400 ans et profite de l’occasion pour sortir une partie beaucoup moins connue de ses collections : l’art.
Plus de 300 œuvres sont annoncées, mêlant peinture, sculpture, photographie, dessin, cinéma, architecture ou encore taxidermie.
L’exposition explore les relations entre artistes, scientifiques et observation du vivant.
On y croise notamment des noms comme Salvador Dalí, Alberto Giacometti ou Bernard Buffet.
Vous pouvez ensuite retrouver notre guide Paris avec des enfants de 8 à 15 ans pour prolonger la journée.
Cezanne et nous au Grand Palais
C’est probablement le blockbuster culturel de septembre.
Mais l’exposition n’est heureusement pas conçue comme une nouvelle rétrospective générale de Cezanne.
Cezanne et nous s’intéresse à tout ce que le peintre a provoqué après lui.
Près de 180 œuvres retracent son influence sur plus d’un siècle de création, avec notamment Gauguin, Matisse, Picasso, Mondrian, Joan Mitchell, Bridget Riley ou Peter Doig.
L’idée me plaît beaucoup plus qu’une succession de « grands chefs-d’œuvre » : on regarde ici comment un artiste devient une référence pour ceux qui arrivent après lui.
La billetterie est déjà ouverte. Si vous souhaitez vraiment voir l’exposition, je réserverais un matin en semaine plutôt qu’un samedi après-midi.
Et comme pour le Louvre : une grande exposition est beaucoup plus agréable lorsqu’on accepte de ne pas vouloir tout voir.
Un vestiaire à soi au Palais Galliera
Le titre complet est : Un vestiaire à soi. Féminités dissidentes au XIXe siècle.
Et le sujet dépasse largement la mode.
L’exposition étudie la façon dont certaines femmes du XIXe siècle se sont approprié les codes traditionnellement masculins : pantalons, tailleurs, cravates, hauts-de-forme ou tenues d’amazone.
Près de 500 œuvres et pièces sont annoncées et la garde-robe de Rosa Bonheur sera notamment dévoilée.
Ce que je trouve intéressant dans les meilleures expositions du Palais Galliera, c’est précisément qu’elles parlent rarement seulement de jolies robes.
Ici, les vêtements deviennent une façon de raconter l’évolution de la place des femmes, les normes de genre et la manière dont une société autorise — ou non — certaines apparences.
Monet, peindre le temps à l’Orangerie
2026 marque les cent ans de la disparition de Claude Monet.
Et évidemment, l’Orangerie ne pouvait pas laisser passer l’occasion.
L’exposition Monet, peindre le temps s’intéresse au rapport de Monet au temps, aux variations de lumière et à la répétition d’un même motif.
Meules, Peupliers, vues de la Seine, Cathédrales de Rouen puis Nymphéas : Monet revient encore et encore sur les mêmes sujets jusqu’à transformer la variation elle-même en sujet de peinture.
Et c’est probablement la meilleure façon de parler de Monet aujourd’hui.
Faire une nouvelle exposition « les beaux tableaux de Monet » n’aurait pas énormément d’intérêt. Comprendre pourquoi il peint vingt, trente, cinquante fois ce qui semble être le même paysage est beaucoup plus passionnant.
Des billets horodatés sont déjà proposés : là encore, je réserverais mon créneau en amont.
Si je ne devais en choisir que trois
Celles que je mettrais en priorité
- Cezanne, parce que c’est celle qui risque d’être la plus demandée.
- Eva Gonzalès, parce que c’est probablement la vraie découverte de la rentrée.
- Monet, parce que l’exposition a une raison d’exister au-delà du simple prestige du nom.
Warhol arriverait juste derrière.
Mais surtout, je ne chercherais pas à voir ces quatre expositions en quinze jours.
Elles restent presque toutes ouvertes jusqu’en janvier.
Paris sera toujours là en novembre.
Comment éviter la foule dans les expositions de rentrée ?
Les premières semaines sont généralement les plus excitantes… et pas toujours les plus agréables.
- privilégiez les premiers créneaux du matin ;
- choisissez si possible les jours de semaine ;
- profitez des nocturnes ;
- réservez en amont lorsque le musée propose des billets horodatés.
À l’inverse, si vous avez simplement envie de vous remettre doucement aux musées, commencez par Delacroix ou la Halle Saint-Pierre.
Une petite exposition que l’on regarde réellement vaut mieux qu’une rétrospective prestigieuse passée à slalomer entre cinquante téléphones.
La rentrée culturelle ne s’arrête pas aux expositions
Deux dates sont à ajouter immédiatement dans votre agenda.
Installations, jeunes designers, ouvertures de lieux, parcours et nombreuses propositions gratuites investissent Paris pendant dix jours.
Voir notre sélection Paris Design Week →Institutions, lieux de pouvoir, ateliers et bâtiments habituellement fermés ouvrent leurs portes. Certaines visites nécessitent de réserver très tôt.
Voir les visites et réservations →Septembre est finalement peut-être le mois où Paris donne le plus envie de rester à Paris.
Questions fréquentes
Quelles sont les grandes expositions de septembre 2026 à Paris ?
Eva Gonzalès ouvre au Petit Palais le 15 septembre, Andy Warhol au musée du Luxembourg le 16, Kerry James Marshall au Musée d’Art moderne le 18, Cezanne au Grand Palais le 23 et Monet à l’Orangerie le 30 septembre.
Quelle exposition faut-il réserver en premier ?
Je réserverais en priorité Cezanne. La billetterie est déjà ouverte et l’exposition devrait être l’une des plus demandées de la rentrée. Warhol est également déjà disponible à la réservation.
Quelle exposition choisir pour éviter les très gros musées ?
Le musée Delacroix est le choix le plus évident de cette sélection. La Halle Saint-Pierre est également une bonne alternative aux grandes institutions de la rentrée.
Quelle exposition voir avec un adolescent ?
Artistes au Muséum me paraît particulièrement adaptée grâce au mélange entre art, sciences naturelles, photographie, sculpture et objets. Warhol peut également très bien fonctionner pour un adolescent intéressé par la culture visuelle.
Merci pour toute l.information sur les expo à Paris ! ✨
Merci pour votre message !
Merci ! ça m’aidera à ne pas oublier….
Merci pour votre message ! Oui c’est un bon pense-bête