Exposition Witches à l’ULB Bruxelles

Du 27 octobre 2021 au 16 janvier 2022, l’ULB présente l’exposition “Witches” à l’Espace Vanderborght. Conçue par ULB Culture avec un comité scientifique multidisciplinaire, en coproduction avec la Ville de Bruxelles, l’exposition rassemble plus de 400 œuvres et objets ethnographiques issus des collections d’une cinquantaine de musées et galeries. Des procès en sorcellerie à la littérature merveilleuse, de la figure démoniaque à la gentille sorcière de la pop culture… “Witches” croise les histoires réelles des sorcières et leurs représentations à travers les âges et les arts. 

Persécutées dès la fin du Moyen Âge, les sorcières font leur retour comme symbole d’affirmation féministe et figure de transgression. Objets de crainte ou de fascination, les sorcières traversent les imaginaires et les époques, de la construction du stéréotype de la sorcière démoniaque jusqu’au groupe W.I.T.C.H à Wall Street en ‘68 et sa réhabilitation contemporaine, notamment par les mouvements queer et féministes. Pour comprendre cette évolution, l’exposition “Witches” nous fera voyager des premiers procès en sorcellerie aux contes de fées en passant par la peinture et le cinéma. Objets ethnographiques, manuscrits, peintures, photographies, œuvres de cinéma, performances artistiques, danse… à la croisée de l’histoire et des mythes, des sciences sociales, de la philosophie et des études de genre, le parcours explore les enjeux de société qui nourrissent les archétypes de la figure de la sorcière. Savante, historique et tournée vers la création contemporaine, l’exposition “Witches” s’adresse à un large public : observateur du passé et du présent, féministe en lutte ou féru de contre-culture.

 

 

L’exposition est divisée en 4 parties

Les sorcières sont toujours parmi nous! Jeunes ou moins jeunes, des femmes assument pleinement leur part de sorcellerie. Elles le revendiquent. Elle se disent magicienne, néopaïenne, désensorcelleuse ou guérisseuse, …. Longtemps la sorcellerie a été considérée -souvent avec dédain- comme une pratique issue des classes populaires, rurales voire arriérées. Mais d’autres sorcières fortement et durablement influencées par la lecture des ouvrages de Starhawk, de Sylvia Federici ou encore de Mona Chollet, tous devenus des best-sellers, sont aujourd’hui passées du bucher au piédestal, des égéries engagées et ultra-modernes. Subversives, attirées par l’écoféminisme, elles entremêlent spiritualité, magie, sororité, féminisme et vivent en harmonie avec la nature. À l’heure de #MeToo, c’est aussi une façon de revendiquer une sororité en créant des bandes de sorcières. On jette alors le patriarcat au chaudron et ses idées rétrogrades en tentant de brûler le vieux monde.

1. Sorcières, des féministes comme les autres

Le XXème siècle, siècle de génocides, de guerres et d’idéologies mais aussi d’émancipation et de libération, débute par le combat des suffragettes réclamant l’accès à la citoyenneté politique. Il faudra attendre 1948, en Belgique, pour voir les femmes devenir des citoyens comme les autres. Mais force est de constater, 20 ans plus tard, que le vote n’a pas suffi à changer la société patriarcale. Peu après Mai 68, une nouvelle vague féministe inonde la société. Avec humour, intelligence et créativité, des féministes cassent les codes en vigueur. Artistes, philosophes, enseignantes ou ouvrières, elles réclament le droit de dire, de parler, d’écrire, d’inventer, elles revendiquent le droit au plaisir, refusent les violences sur leurs corps, questionnent le contrôle médical sur la vie des femmes et déconstruisent les catégories. Leurs corps leur appartiennent alors. Cette décennie enchantée des années 70 voit ressurgir les sorcières, des féministes comme les autres….


Saviez-vous que

Il faudra attendre 1948, en Belgique, pour voir les femmes devenir des citoyens comme les autres.

Il était une fois les sorcières

2. Il était une fois les sorcières

L’histoire de la sorcellerie est traversée par la différence de sexe et des accusées et des accusateurs. Si Jules Michelet affirmait haut et fort dans son ouvrage Sorcière paru en 1862 que “pour un sorcier, dix mille sorcières”, les historien.nes s’accordent aujourd’hui à dire que lors des grands procès en sorcellerie en Europe, les femmes constituent 80% des condamné.es à mort. Des dizaines de milliers de femmes seront ainsi dénoncées, arrêtées, torturées, jugées et exécutées. Cette chasse aux sorcières succède à la répression des hérésies dans un contexte donc de purification de la chrétienté. Le statut et la condition des femmes sont largement débattus au Moyen-Age et à la Renaissance. Les hommes d’église, clercs ou théologiens distillent un discours profondément misogyne. La haine des femmes s’amplifie lors des XV et XVIIème siècles. Les épidémies, les guerres terrorisent la population et le Diable serait le responsable de tous les maux et à ses côtés des femmes et surtout des femmes seules, échappant ainsi la tutelle de l’homme et donc suspectes. L’étude des démons (la démonologie) est alors en plein essor et toute une littérature fleurit sur les sorcières engendrant encore un peu plus une détestation des femmes. On leur reproche principalement des méfaits liés à la sexualité, à la reproduction de la vie, à l’accès à un savoir non officiel.

Saviez-vous que

Lors des grands procès en sorcellerie en Europe, les femmes constituent 80% des condamné.es à mort.

Pour un sorcier, dix mille sorcières

Jules Michelet

3. La sorcière qui bouscule

Si la chasse aux sorcières ralentit puis s’arrête officiellement aux XVII et XVIIIème siècles, leurs empreintes marquent indéniablement les imaginaires des générations et générations à venir. Les Arts s’emparent des sorcières, les représentent. Elles continuent ainsi de vivre et de peupler nos esprits. Souvent vieilles et maléfiques, on les retrouve sur les gravures, sur les photographies, dans le théâtre, la danse, l’opéra, les contes de fées ou encore la BD. Le folklore populaire ne se défait pas non plus de cette figure désormais incontournable des traditions et carnavals. Les sorcières chassent l’hiver ou concentrent toutes les forces du mal et de la mort, bref elles continuent à rythmer le quotidien des villages et des campagnes. On aime se faire peur. Mais parallèlement à ces représentations imaginaires et souvent dégradantes, la médecine en voie de professionnalisation et de reconnaissance poursuit sa quête du contrôle du corps et bientôt de l’esprit des femmes. L’historien Jules Michelet contribue à métamorphoser durablement la figure de la sorcière. En publiant la Sorcière en 1862, il nous offre l’image romantisée d’une femme jeune, rebelle, libre, une figure nouvelle d’émancipation, rompant drastiquement avec la sorcière dénoncée depuis des siècles par l’Eglise.

Saviez-vous que

La chasse aux sorcières ralentit puis s’arrête officiellement aux XVII et XVIIIème siècles


Petites filles de sorcière

4. Petites filles de sorcière

Les sorcières sont toujours parmi nous! Jeunes ou moins jeunes, des femmes assument pleinement leur part de sorcellerie. Elles le revendiquent. Elle se disent magicienne, néopaïenne, désensorcelleuse ou guérisseuse, …. Longtemps la sorcellerie a été considérée -souvent avec dédain- comme une pratique issue des classes populaires, rurales voire arriérées. Mais d’autres sorcières fortement et durablement influencées par la lecture des ouvrages de Starhawk, de Sylvia Federici ou encore de Mona Chollet, tous devenus des best-sellers, sont aujourd’hui passées du bucher au piédestal, des égéries engagées et ultra-modernes. Subversives, attirées par l’écoféminisme, elles entremêlent spiritualité, magie, sororité, féminisme et vivent en harmonie avec la nature. À l’heure de #MeToo, c’est aussi une façon de revendiquer une sororité en créant des bandes de sorcières. On jette alors le patriarcat au chaudron et ses idées rétrogrades en tentant de brûler le vieux monde.

Saviez-vous que

Les sorcières sont toujours parmi nous! Jeunes ou moins jeunes, des femmes assument pleinement leur part de sorcellerie.


L’exposition propose un parcours et un programme d’activités spécialement conçus pour les familles et le jeune public : jeu de piste, bibliothèque thématique, dessin… 

Retrouvez toutes les informations sur le site de l’ULB

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