Les plus beaux passages couverts de Paris

Les passages couverts de Paris — Parisienneries
Paris caché

Les passages couverts de Paris : ces galeries où j’ai l’impression de retrouver le Paris d’autrefois

5 passages 2h–3h à pied 2e et 9e arrondissements

Pendant longtemps, je n’ai pas réalisé à quel point les passages couverts faisaient partie de mon quotidien.

J’habite à deux pas du Passage Verdeau. Certaines semaines, je le traverse plusieurs fois par jour — comme raccourci pour rejoindre la rue Cadet, pour remonter vers la Bourse, ou simplement parce que c’est là. Pourtant, à chaque fois que j’y entre, j’ai la même impression : celle de quitter Paris pendant quelques minutes.

Ce que j’aime dans les passages couverts, ce n’est pas seulement leur architecture ou leur histoire. C’est le sentiment de découvrir une autre ville derrière une simple porte. Une ville plus calme, plus lente, presque hors du temps.

Je continue d’ailleurs à les explorer. Je ne les connais pas tous et c’est précisément ce qui me plaît. Certains passages me surprennent encore. Je me suis déjà perdue dans l’un d’eux en cherchant une sortie. Une autre fois, j’ai découvert l’entrée d’un hôtel cachée derrière une galerie. Et il m’est arrivé de passer beaucoup trop de temps à regarder les anciennes affiches Air France exposées dans une vitrine avec Benjamin.

Voici les passages couverts que je recommande à ceux qui veulent découvrir un Paris différent, loin des grands boulevards et des itinéraires classiques.

Si vous n’avez qu’une demi-journée

L’itinéraire le plus simple, dans l’ordre géographique du 2e vers le 9e :

Itinéraire à pied
  1. Galerie Vivienne — le plus beau décor, commencez par là
  2. Galerie Colbert — juste à côté, deux minutes à pied
  3. Passage des Panoramas — le plus ancien, dix minutes en remontant vers les Grands Boulevards
  4. Passage Jouffroy — dans la continuité directe
  5. Passage Verdeau — le terminus naturel de la balade
Comptez 2h à 3h à pied, selon le temps passé dans les boutiques. Tout se fait sans métro.

La carte des passages couverts

Les cinq passages se concentrent entre le 2e et le 9e arrondissement. Tout s’enchaîne à pied.

① Galerie Vivienne ② Galerie Colbert ③ Passage des Panoramas ④ Passage Jouffroy ⑤ Passage Verdeau

Quel passage choisir selon votre envie ?

Vous cherchez… Allez au…
Le plus beau décor, pour une première foisGalerie Vivienne
Le calme, loin des touristesGalerie Colbert
Chiner des livres anciens, des affiches, des objetsPassage Verdeau
Comprendre l’histoire des passages parisiensPassage des Panoramas
L’ambiance la plus vivante, la plus accessiblePassage Jouffroy
Vous abriter quand il pleutN’importe lequel des cinq
9e arrondissement · 1846

Passage Verdeau

Mon passage, celui que je traverse sans même y penser

Je commence par lui parce qu’il est le mien, dans le sens le plus banal du terme : il est là, à deux minutes à pied, et certaines semaines je le prends comme d’autres prennent un couloir de métro. Plusieurs fois par jour, parfois.

Le Passage Verdeau a été percé en 1846. Il doit son nom à Jean-Baptiste Ossian Verdeau, l’un des promoteurs du Passage Jouffroy voisin. Pendant longtemps, il a été moins connu que ses deux grands frères — Jouffroy et Panoramas — et c’est peut-être ce qui lui a conservé un caractère si particulier.

Aujourd’hui, on y trouve surtout des antiquaires, des libraires spécialisés dans les livres anciens, des galeries d’art discret, des marchands de cartes postales et d’affiches d’époque. C’est un passage pour les gens qui savent ce qu’ils cherchent, ou pour ceux qui n’ont aucune idée de ce qu’ils vont trouver. Les deux fonctionnent bien ici.

C’est aussi dans une vitrine de ce passage que j’ai passé une vingtaine de minutes avec Benjamin à regarder de vieilles affiches Air France, incapable de passer à autre chose. Il y a quelque chose d’hypnotique dans ces objets qui ont survécu à leur propre époque.
Adresse : 6 rue de la Grange-Batelière, 75009 Accès : Métro Grands Boulevards ou Le Peletier
9e arrondissement · 1847

Passage Jouffroy

Celui où j’ai découvert un hôtel caché

Le Passage Jouffroy a été construit entre 1845 et 1846 et inauguré le 17 février 1847. Il prolonge directement le Passage des Panoramas depuis la rue Montmartre jusqu’à la rue de la Grande-Batelière.

Ce qui m’a toujours plu ici, c’est son côté vivant et un peu imprévisible. On y trouve des boutiques de souvenirs, des librairies de bandes dessinées, des marchands de jeux anciens, des disquaires. C’est le passage le plus animé de ceux que je fréquente, et peut-être le plus accessible si vous venez pour la première fois.

J’ai découvert, presque par hasard, l’entrée d’un hôtel dissimulée derrière la galerie. Rien ne l’annonce vraiment depuis la rue. On tourne dans le passage en pensant chercher une sortie, et on tombe sur une porte d’entrée d’hôtel comme si elle avait toujours été là, simplement dans un autre siècle.
Horaires : tous les jours, 7h–21h30 Adresse : 10-12 boulevard Montmartre, 75009 Accès : Métro Grands Boulevards
2e arrondissement · 1799

Passage des Panoramas

Le plus ancien, et peut-être le plus parisien

Ouvert en 1799, le Passage des Panoramas est le plus ancien passage couvert encore ouvert au public à Paris. Il doit son nom aux grandes peintures panoramiques qui s’y exposaient au XIXe siècle — un spectacle à l’époque, une forme d’exposition immersive avant l’heure.

Aujourd’hui, l’ambiance y est différente. On y trouve des boutiques de philatélie, des marchands de timbres et de cartes postales, des cafés à l’atmosphère un peu désuète, des restaurants qui semblent ne pas avoir bougé depuis trente ans. C’est précisément ce que j’aime : une forme d’immobilité tranquille, comme si le passage avait décidé de ne pas participer à la même accélération que le reste de la ville.

Quand j’enchaîne Verdeau, Jouffroy et Panoramas dans l’ordre — ou dans l’ordre inverse — j’ai vraiment l’impression de traverser un autre Paris. Pas un Paris muséifié, mais un Paris qui a simplement continué à vivre à son rythme, sans chercher à plaire à tout le monde.

Horaires : tous les jours, 6h–minuit Adresse : 11 boulevard Montmartre, 75002 Accès : Métro Grands Boulevards
2e arrondissement · 1823

Galerie Vivienne

La plus belle, et elle le sait

La Galerie Vivienne est souvent présentée comme la plus belle galerie couverte de Paris. Je ne vais pas faire semblant de ne pas être d’accord.

Construite en 1823, elle a été classée monument historique et entièrement restaurée au cours du XXe siècle. Ce qui frappe en entrant, c’est le sol : des mosaïques en rosaces, du marbre, un travail de détail qui donne l’impression que la galerie a été conçue pour être regardée de bas en haut, pas seulement pour être traversée. La verrière en verre et fer achève le tableau.

Les boutiques qui y sont installées sont souvent des commerces de charme — librairies, créateurs de mode, traiteurs, cafés. Ce n’est pas un espace figé : on y vient pour se promener, pour s’asseoir, pour regarder.

Je la recommande particulièrement si vous visitez le Louvre ou la Bourse du Commerce dans la journée — elle est à quelques minutes à pied et constitue une pause idéale entre deux visites.

Horaires : tous les jours, 8h30–20h30 Adresse : 6 rue Vivienne, 75002 Accès : Métro Bourse ou Palais-Royal
2e arrondissement · 1826

Galerie Colbert

La moins connue, et sans doute ma préférée pour le calme

La Galerie Colbert, construite entre 1826 et 1827 juste à côté de la Galerie Vivienne pour lui faire concurrence, a connu un destin très différent : elle a été un échec commercial avant de trouver une seconde vie comme lieu culturel.

Aujourd’hui, elle accueille l’Institut national d’histoire de l’art (INHA), des expositions et des colloques. Elle reste ouverte au public — et c’est peut-être la galerie qui me touche le plus, précisément parce qu’elle ne cherche pas à séduire.

Sa rotonde centrale, sa verrière, ses proportions généreuses donnent un sentiment d’espace rare dans Paris. Il y a moins de boutiques, moins d’animation, moins de bruit. On vient ici pour regarder l’architecture, pour se poser, pour lire. Elle est inscrite aux Monuments historiques depuis 1974 — et pourtant, peu de gens la connaissent vraiment.

Adresse : 2 rue Vivienne, 75002 Accès : Métro Bourse ou Palais-Royal

Mon classement (qui n’engage que moi)

# Passage Pourquoi
1
Galerie Vivienne La plus belle architecture, les mosaïques, l’équilibre entre histoire et vie commerciale
2
Galerie Colbert La plus calme, la rotonde, l’atmosphère culturelle presque confidentielle
3
Passage Verdeau Mon passage, celui que je connais le mieux et que je redécouvre encore
4
Passage des Panoramas Le plus ancien, une atmosphère à part entière, parfait en fin d’après-midi
5
Passage Jouffroy Le plus vivant, idéal pour une première découverte

FAQ

Environ 20 à 21 passages couverts sont encore ouverts au public aujourd’hui, dont la majorité se concentre entre le 2e et le 9e arrondissement.
La plupart du temps, j’y vais en semaine en milieu de journée ou en fin d’après-midi. Par temps de pluie, c’est idéal — les passages sont couverts et on y circule à l’abri. Attention : certains passages comme la Galerie Véro-Dodat ou le Passage du Grand-Cerf ferment le dimanche.
Oui. La Galerie Vivienne et le Passage des Panoramas ont plusieurs cafés et restaurants. Pour une pause plus discrète, le Passage Jouffroy propose aussi quelques adresses sympathiques.
Non. Tous les passages présentés ici sont en accès libre. On ne paie que si on consomme quelque chose ou qu’on achète.
Oui, facilement. En partant de la rue des Petits-Champs vers les Grands Boulevards, on peut faire Vivienne, Colbert, puis remonter vers Panoramas, Jouffroy et Verdeau à pied en une après-midi — comptez 2h à 3h selon le temps passé dans les boutiques.

Les autres passages couverts à découvrir

Paris compte encore une vingtaine de passages ouverts au public. Ces sept-là méritent le détour si vous voulez aller au-delà du circuit classique.

Galerie Véro-Dodat 1er arr. · 1826

L’une des galeries les mieux conservées de Paris, avec ses colonnes peintes en faux marbre, ses pilastres dorés et ses vitrines d’antiquaires. Fermée le dimanche.

Passage du Grand-Cerf 2e arr. · 1825

La verrière la plus haute de tous les passages parisiens — trois niveaux de fer et de verre — et des créateurs et artisans qui en font aujourd’hui l’un des plus vivants.

Passage Choiseul 2e arr. · 1827

Le plus long des passages couverts de Paris avec ses 190 mètres, très commerçant, fréquenté par les habitants du quartier autant que par les curieux — Céline y a grandi et le décrit dans Mort à crédit.

Passage Brady 10e arr. · 1828

À deux pas des Grands Boulevards, ce passage est devenu le cœur de la communauté indo-pakistanaise parisienne : épiceries, restaurants, coiffeurs, saveurs d’ailleurs dans un couloir du XIXe siècle.

Passage Bourg-l’Abbé 2e arr. · 1828

Discret et souvent vide, il relie la rue Saint-Denis à la rue de la Grande-Truanderie et conserve son portail d’entrée classé — un des rares passages encore authentiquement ignoré du tourisme.

Passage du Caire 2e arr. · 1798

Le plus ancien passage de Paris, construit juste après la campagne d’Égypte de Bonaparte — son décor néo-égyptien en façade est unique — et aujourd’hui entièrement dédié au commerce de gros de la mode et du textile.

Passage du Prado 10e arr. · 1785

L’un des plus anciens et des plus méconnus, il relie le boulevard Saint-Denis à la rue du Faubourg-Saint-Denis avec une atmosphère populaire et tranquille, loin des circuits habituels.

clemence borst
A propos clemence borst 348 Articles
Clémence Borst, Parisienne de naissance, est la fondatrice et directrice de Parisienneries. Depuis 15 ans, elle teste chaque semaine restaurants, musées, expositions et bonnes adresses à Paris avec ses sœurs Thaïs, Julia et leurs proches. Née et élevée à Paris, elle partage une connaissance intime de la ville à travers une newsletter hebdomadaire suivie par plus de 24 000 lectrices. Plus de 300 adresses testées et vérifiées.

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