Degas, Danse, Dessin – Musée d’Orsay

 Degas, Danse, Dessin au Musée d’Orsay.

 

Du 28 novembre 2017 au 25 février 2018,

Au musée d’Orsay.

 

Degas, Danse, Dessin : un cheminement dans la vie de deux hommes « vrais » qui saura vous amener à réfléchir sans y penser.

 

Danse et dessin, deux activités à priori sans réelles connexions, si ce n’est le besoin d’expression ressenti par leur pratiquant ou encore l’objectif ultime de l’évasion. En y apposant le nom de Degas le lien se fait plus limpide. Ses peintures sont célèbres, l’homme l’était également, mais qui était-il vraiment ? C’est manifestement la question qui obsédait son jeune ami, un autre homme reconnu : Paul Valéry.

Cette exposition nous propose de découvrir ces deux hommes, et leurs liens affectifs, en respectant le fil conducteur du livre « Degas Danse Dessin » publié par Valéry en hommage à son aîné en 1937.

 

Exposition-degas-danse

 

C’est une grande réussite. La face visible de l’exposition est bien naturellement composée majoritairement des œuvres de Degas, cependant, à travers les quelques paragraphes extraits du livre et autres citations et carnets de note, nous avons l’impression de suivre le journal intime de l’écrivain et de découvrir les pensées des deux hommes.  Cela pourrait même aller plus loin ; devant ces œuvres à taille humaine, nous avons le sentiment de surprendre une tranche de vie des deux penseurs, de les observer et les accompagner au beau milieu de leur tâche d’élaboration du savoir ; eux, restant imperturbables devant notre regard curieux.

Ainsi c’est avec plaisir que nous découvrons des hommes en pleine recherche identitaire ou en quête de vérité tout simplement. La recherche, inlassable et insatiable, de leur propre vie est admirablement accentuée par la mise en scène qui, par un jeu de paroi en quinconce, permet de passer d’un acte à un autre en gardant un œil sur la scène précédente. Nous pouvons aussi suivre une logique chronologique ; des débuts de l’artiste à sa mort. qui nous rend plus proche encore de l’homme qu’était Degas. On se surprend à s’imaginer, à sa place, entrain de modeler ses statuettes ou de croquer ce visage si pensif, devant son dîner accompagné de son ami Paul, ou encore dans un recoin d’une salle de danse avec son carnet à croquis.

 

Tout comme Valery qui nourrissait, avant de le rencontrer, une grande admiration pour Degas, on commence l’exposition en se disant : « Qu’est-ce que je vais bien pouvoir ressentir, cet homme est si connu, ça va être fantastique », et petit à petit, on le rencontre, il nous parle silencieusement, et on l’interroge muettement, finalement sa mort nous fait écho et dans la dernière salle nous pouvons nous demander : « et moi, quelle est ma quête ? L’admiration se mue en respect et motivation personnelle.

 

Néanmoins nous ajouterons un bémol, car pour les amateurs de ballets et autres danses, le risque de déception est présent. Je m’attendais personnellement à une mise en avant plus forte de la danse, et, peut-être, à des moyens d’envisager cette discipline autrement. Nous reconnaîtrons qu’un effort a été fait dans ce sens avec la présentation du travail de Loïe Fuller.

 

Cette exposition est très riche et peut se parcourir à plusieurs rythmes, soit comme un archéologue qui ira chercher le moindre des détails pour réellement s’immerger dans un travail de recomposition, soit beaucoup plus rapidement, en se laissant simplement porter par la fluidité de la scénographie. Bonne visite à vous !

 

Les + :

 

 

 

 

 

 

 

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