Gémito au Petit Palais – Un petit air de voyage…

L’esprit napolitain

Que vous l’ayez visité ou non, cette ville vous évoque sans doute de nombreuses images….  la gastronomie, la chaleur, les sites archéologiques, les petites rues sinueuses, l’art, le sacré, parfois aussi la violence et la saleté….Quiconque a foulé cette terre sait à quel point elle est étonnante et marquante ! En apprenant que le Petit Palais organisait une exposition sur peut-être un des plus grands sculpteur napolitain, j’étais très enthousiaste de me replonger dans l’esprit de cette énorme ville.  D’autant plus que je trouvais l’affiche publicitaire tout à fait alléchante : Gémito au Petit Palais

Artiste napolitain

Plan rapproché

Vincenzo Gemito, vous ne le connaissiez peut-être pas avant de voir son nom étalé dans le métro et pourtant, il est un artiste napolitain primordial  pour l’Italie. S’il fut assez populaire pendant son vivant en France, il est tombé depuis dans un certain oubli pour la plupart des français. Pourtant, son oeuvre est tout à fait accessible.

Un petit point biographique

Gemito est née à Naples en 1852. Il est abandonné à la naissance, puis adopté par une famille très modeste. Comme beaucoup d’enfants à cette époque en Italie, il est la plupart de son temps dans les rues de la ville, où il côtoie misère et aventures avec ses amies. Très jeune, il part en apprentissage chez Emanuele Caggiano, puis chez Stanislao Lista. Il devient vite un petit génie de la sculpture en développant une sensibilité et une dextérité qui ne correspondent pas à son âge. A 16 ans, il réalise il giocatore di carti, une oeuvre si remarquée qu’elle est achetée par le roi Victor-Emmanuel II.

Gemito

Le joueur de cartes

 

Muse de Gemito

Buste d’Anna

Il aura deux femmes dans sa vie, la parisienne Mathilde Duffaud, puis la napolitaine Anna Cutolo ( voire buste au-dessus). Les deux seront des muses pour le sculpteur, mais il les verra mourir l’une après l’autre ce qui le mènera probablement à la folie.

La maladie de sa deuxième femme, Mathilde, donne naissance à des dessins assez saisissants. Je vous laisse quelques surprises, mais voici ci-dessous un portrait original dans sa composition !

Naples

Anna, deuxième femme de Gemito

D’autres détails sur sa vie sont dans l’exposition, mais voilà pour le contexte global !

 

De la sensibilité en bronze.

Les premières œuvres de Gemito sont des portraits d’enfants dans la rue. Je trouve que cela résume tout à fait son travail ultérieur. Dès les premières années, les sculptures sont splendides. On remarque tout de suite les yeux, creusés, un peu inquiétants, qui nous fixent. La recherche de naturel aussi avec les positions, la matière, l’expression, les découpes parfois des bustes sur leurs bords : Gemito veut retranscrire son monde à lui, le rendre vivant, en faisant fi des normes, et prône son originalité.

V. Gemito - artiste napolitain

buste d’un jeune enfant

 

Lorsqu’il sera en France, qu’il sera plus connu, il fera des bustes d’artistes très célèbres, notamment un buste de Verdi. Mais je trouve que les sculptures des enfants au début de l’exposition sont les plus personnelles.

Plus l’artiste vieilli, plus il se passionne pour l’Antique. A la fin de l’expo, vous pourrez voir des œuvres qui s’en rapprochent.

Gemito

Brutus

Le petit Palais a aussi choisi de mettre en valeur une technique bien connue de tous les étudiants en histoire de l’art : la technique de la fonte à la cire perdue. Vous pouvez donc voir une petite vidéo qui retrace les différentes étapes de cette technique, ainsi qu’un tableau interactif.  C’est une technique assez archaïque que Gemito a utilisé très tôt.  Je trouve ce point là de l’exposition très intéressante car la technique est souvent une grande oubliée des expo alors qu’elle est très importante pour comprendre l’art.

Gemito

Le pêcheur, bronze. Un motif que l’on retrouve chez de nombreux artistes. C’est une oeuvre qui choqua beaucoup les français.

J’ai aussi particulièrement aimé les dessins accrochés. Je ne m’attendais pas à voir des esquisses dans cette expo et c’est pourtant la partie où j’ai passé le plus de temps. C’est devant ses dessins que l’on comprend à quel point Gemito était doué.

dessin

Autoportrait

Au niveau de la muséographie, tout reste assez standard. J’ai crains au départ une exposition un peu petite, mais à force de revenir sur mes pas pour comparer toutes les œuvres, lire les informations assez exhaustives, fouiller les recoins, notamment vers la fin de l’exposition, j’en suis ressortie en me disant que c’était finalement la taille parfaite qui peut convenir – je pense- à presque tout le monde.

Il est intéressant aussi d’aller visiter l’expo Luca Giordano pour pouvoir voyager encore un petit peu à Naples ! Dans les couloirs extérieurs, il y a aussi de jolis tableaux sur la baie de Naples que je vous invite à regarder.

Pour conclure, je pense que c’est une exposition qui vaut vraiment la peine. Si vous avez quelques réserves face aux expo de sculpture, je pense que celle-ci est faite pour vous ! Pas trop longue, assez didactique, avec de longs cartels, et une beauté plastique qui est indéniable. Le Petit Palais a encore monté une chouette exposition, en mettant à l’honneur un artiste de notre patrimoine européen.

 

Petit Palais

Avenue Winston-Churchill
75008 Paris

Tel : 01 53 43 40 00

Ouvert du mardi au dimanche
de 10h à 18h

Nocturnes tous les vendredis jusqu’à 21h pour les expositions temporaires

 

Author

Je suis nouvellement étudiante de l'école du Louvre et j'adore découvrir le monde, l'art et l'architecture !Je cherche continuellement le beau autour de moi....et j'espère pouvoir vous donner envie d'aller le chercher vous aussi !

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