Ce printemps, le Parc zoologique de Paris lance une saison qui donne vraiment envie de sortir les bottes en caoutchouc. Du 18 avril au 1er novembre 2026, le zoo du Bois de Vincennes invite petits et grands à explorer les milieux humides de la planète — ces écosystèmes qu’on a un peu trop tendance à oublier, et qui pourtant méritent qu’on s’y attarde.
Un voyage en six escales
L’idée est simple et bien trouvée : transformer la visite en carnet de voyage. On traverse les flamants roses des lacs salés de Patagonie, on longe les mangroves de Guyane, on s’arrête sur les tourbières d’Europe et les récifs coralliens de Madagascar. Et pour ceux qui ont la flemme de partir loin, une escale est consacrée à la trame bleue du Bois de Vincennes lui-même — 7,8 km de rivières et 20 ha de plans d’eau à deux pas de chez nous.
Tout au long du parcours, des panneaux illustrés façon carnet d’explorateur, réalisés par les dessinateurs du Muséum, guident la visite. Pour les familles, un livret-jeu suit les aventures de Flamingo, un jeune flamant gris qui cherche à devenir rose — un fil narratif qui tient les enfants (et leurs parents) en haleine de l’entrée à la sortie.
Des espèces qu’on ne voit nulle part ailleurs à Paris
C’est aussi la grande nouveauté de cette édition : deux espèces font leur apparition au zoo pour la première fois. La rainette aux yeux noirs, une petite grenouille nocturne venue d’Amérique centrale aux yeux d’un noir sombre et fascinant, et le killi européen, un minuscule poisson du Péloponnèse en danger critique d’extinction — reconnu comme espèce à part entière seulement depuis 2014. Le zoo parisien a été spécialement sélectionné pour accueillir 30 de ces poissons en vue d’un programme de reproduction et de réintroduction.
On retrouvera également les 53 flamants roses du parc, les 3 lamantins des Antilles (dont une possible réintroduction en Guadeloupe est à l’étude), ainsi que les caïmans nains de Cuvier, indicateurs discrets mais précieux de la qualité des eaux amazoniennes.
L’été s’annonce animé
Du 4 juillet au 30 août, le programme s’intensifie avec des interventions de chercheurs, des rencontres métiers et des animations dédiées. Les nocturnes du jeudi (jusqu’au 13 août) permettent de découvrir le parc à la tombée du jour — avec bar, transats face à la plaine africaine et happy hour de 18h à 20h. Et pour les fans de musique, deux soirées Silent Zoo sont programmées les 16 juillet et 6 août, avec casque sur les oreilles et DJ jusqu’à 1h du matin sur le parvis.
Pourquoi ça compte vraiment
Derrière le côté feel-good de la balade, le sujet est sérieux. Les zones humides ne représentent que 6 % de la surface terrestre mais abritent près de 40 % des espèces animales et végétales de la planète. Depuis le XVIIIe siècle, 21 % d’entre elles ont disparu. Le Muséum national d’Histoire naturelle, qui fête cette année ses 400 ans, s’implique concrètement : programmes d’élevage conservatoire, réintroductions, recherches de terrain en Guyane ou à Madagascar.
Cette saison s’inscrit d’ailleurs dans la campagne européenne Wetlands for Life, portée par l’Association Européenne des Zoos et Aquariums, dont la conférence annuelle se tiendra à Paris du 29 septembre au 3 octobre 2026.
Parc zoologique de Paris — Bois de Vincennes, Porte Dorée (métro ligne 8, tramway T3). Ouvert dès le 18 avril. Tarifs : 22 € adulte, 17 € enfant (3-12 ans). Réservation sur parczoologiquedeparis.fr
Soyez le premier à commenter