Etre moderne – Le MoMA à Paris

Du 11 octobre au 5 mars 2018 – Le Moma à Paris

Fondation Louis Vuitton – 8 Avenue du Mahatma Gandhi – 75116 Paris

Intéressant, mais décevant

Cette exposition, co-organisée par The Museum of Modern Art de New York et la Fondation Vuitton, avait, sur le papier, tout pour plaire. Etant présentée comme l’une des expositions incontournables de cette fin d’année, j’avais imaginé qu’elle serait au moins aussi grandiose que la splendide exposition Chtchoukine qui nous avait été offerte.

 

Tout avait pourtant bien commencé, avec une première salle présentant des chefs-d’œuvre absolus, dont Maison près de la voie ferrée (1926) d’Edward Hopper, qui m’a tout particulièrement touchée. Est exposée également une sculpture monumentale de Brancusi, Oiseau dans l’espace (1928), d’une finesse incroyable.

Maison près de la voie ferrée (1926) d’Edward Hopper
Maison près de la voie ferrée (1926) d’Edward Hopper
Brancusi, Oiseau dans l’espace (1928)
Brancusi, Oiseau dans l’espace (1928)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans une deuxième salle, nous découvrons des œuvres incarnant « les origines européennes de la modernité ». Des artistes majeurs comme Piet Mondrian, figure de proue du mouvement De Stijl ; Alexander Calder, dont on ne présente plus les mobiles mondialement connus ; Ernst Ludwig Kirchner, peintre expressionniste fondateur de l’association Die Brücke ; ou encore Gustav Klimt, représentant de l’Art nouveau, sont exposés dans cette salle.

Piet Mondrian
Piet Mondrian
Mobiles Alexander Calder
Mobiles Alexander Calder

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ernst Ludwig Kirchner
Ernst Ludwig Kirchner
Gustav Klimt
Gustav Klimt

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’exposition se poursuit par la présentation d’œuvres abstraites, de Pollock et De Kooning notamment. C’est dans cette salle que j’ai découvert une toile qui m’a touchée et émue, de l’artiste Georgia O’Keeffe, intitulée Farmhouse Window and Door (1934). Il s’agit, comme le nom de l’œuvre l’indique, de la représentation d’une porte avec fenêtre. Le cadrage est particulièrement resserré, les couleurs sobres
dans les tons verts procurent une sensation de calme, d’apaisement. De plus, les traits sont très nets, géométriques, ce qui confère à l’œuvre à la fois une certaine précision et une simplicité dans la manière de représenter le réel. Comme l’explique l’artiste, « la simplicité n’est pas un but dans l’art, mais on arrive à la simplicité malgré soi en s’approchant du sens réel des choses ». Nul doute que la simplification des formes opérée par O’Keeffe permet à l’observateur de se concentrer sur l’essentiel, et de mieux apprécier ce qui est représenté sans fioriture.

 

Georgia O’Keeffe, Farmhouse Window and Door (1934)
Georgia O’Keeffe, Farmhouse Window and Door (1934)

 

 

Au niveau suivant, une salle expose des œuvres minimalistes, de Franck Stella ou Sol LeWitt. Les motifs sont géométriques, les couleurs tranchées. J’ai été séduite par une œuvre de Lygia Clark, Contra relevo no. 1 (1958), fusion entre la peinture et la sculpture. L’artiste brésilienne a réalisé une œuvre dont l’originalité m’a plu. Le noir et le blanc sont les seules couleurs utilisées, les formes sont extrêmement simples. Ce dénuement permet d’attirer l’attention sur le relief de l’œuvre.

Lygia Clark, Contra relevo no. 1 (1958)
Lygia Clark, Contra relevo no. 1 (1958)

 

Par la suite, des œuvres issues du mouvement Pop Art sont proposées, comme les très célèbres Boîtes de soupe Campbell de Warhol, œuvre impressionnante, consistant en une série de 32 toiles de 50 cm sur 40 chacune. Des photographies de Diane Arbus, qui m’avais déjà interpellées au MoMA il y a quelques années, sont également présentes.

Boîtes de soupe Campbell de Warhol
Boîtes de soupe Campbell de Warhol
Diane Arbus
Diane Arbus

La suite de l’exposition m’a été beaucoup plus difficile à comprendre, et par conséquent à apprécier. Peut-être m’aurait-il fallu davantage d’explications pour saisir le sens de certaines œuvres ? Toutefois, j’ai été heureuse de redécouvrir Accumulation n. 1 (1962) de Yayoi Kusama, fauteuil couvert de sortes d’excroissances… de forme phallique. La démarche de l’artiste est très intéressante.
En effet, elle explique qu’elle a commencé à représenter des sexes masculins pour surmonter son dégoût pour cet organe ; mais il faut aussi considérer l’œuvre comme un témoignage sur la société patriarcale japonaise dont elle est issue, et sur le machisme auquel elle fait face dans le milieu artistique à New York.

Yayoi Kusama Accumulation n. 1 (1962)
Yayoi Kusama Accumulation n. 1 (1962)

Succède à cette salle une autre mettant en avant des œuvres d’artistes engagés dans les débats sociétaux des Etats-Unis des années 1980-1990.
Enfin, le dernier niveau est consacré au XXIe siècle. Je n’ai pas su apprécier cette partie de l’exposition ; les démarches des différents artistes sont très complexes, difficiles à cerner. J’ai cependant été émerveillée par la création présentée en galerie 10, sans doute le meilleur moment de ma visite. Il s’agit de The Forty Part Motet de Janet Cardiff, œuvre musicale dans laquelle 40 haut-parleurs diffusent les 40 voix différentes de la partition. C’est une interprétation de Spem in Alium Nunquam Habui, du compositeur Thomas Tallis (XVIe siècle). Les haut-parleurs sont disposés dans une salle, et permettent aux visiteurs de circuler pour écouter distinctement chaque voix. Le résultat est sidérant, extraordinaire. Fermez les yeux et profitez de ce plaisir intense et magnifique.

Ainsi, cette exposition – Le Moma à Paris – m’a plu dans un premier temps, puis m’a déçue par la suite…
Présentée de manière chronologique, elle débute en effet par de véritables chefs-d’œuvre, mais prend fin avec des œuvres extrêmement contemporaines dont j’ai, à titre personnel, du mal à saisir le sens. Peut-être aurais-je dû emprunter un audioguide, mais à aucun moment cela ne m’a été proposé. Un bilan donc en demi-teinte…

Les + :
Billet coupe-file réservable en ligne permettant le choix de la date et du créneau horaire
Petit guide de visite très détaillé intégrant un plan de chaque niveau
Terminer la visite en s’asseyant une vingtaine de minutes pour écouter le chef d’œuvre à quatre voix de Janet Cardiff (galerie 10)

Merci Pauline pour cet article – le Moma à Paris –

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