Dora Maar au Pompidou, l’artiste derrière la muse

5 juin 2019 au 29 juillet 2019

 

Dora Maar est mise pour la première fois devant l’objectif au Centre Pompidou. Cette rétrospective unique retrace le parcours atypique d’une femme aux multiples talents. De la photographie à la peinture, l’icône d’une génération se montre actrice et artiste au Centre Pompidou. Nourrie par ses rencontres politiques comme artistiques, cette parisienne revendicatrice est mise en lumière lors d’une exposition complète en son nom.

 

Les débuts de la photographe

Dora Maar, figure de la femme indépendante et libérée, ouvre son studio de photographies en 1932. L’artiste au tempérament de feu voyage seule en Espagne et capture des scènes de vie à Barcelone. A 23 ans, son caractère est déjà remarqué et Henri Georges Cluzot y puisera un de ses plus grands films : le Quai des Orfèvres. Ses photographies de mode et pour la publicité la font connaître et reconnaître dans le milieu. La passion de Dora Maar se retrouve dans ses photos d’une sensualité assumée. Jouant avec les ombres et l’argentique, l’artiste redessine les courbes du corps féminin. Nus, positions lascives, plages, les photographies de Dora Maar sont une célébration de la féminité.
Dans les années 30, son engagement à l’extrême gauche transforme son art. En 1935, l’Association des écrivains et artistes révolutionnaires (AEAR) organise l’exposition Documents de la vie sociale. Aux côtés d’Henri Cartier Bresson et Robert Capa, Dora Maar expose la douleur des ouvriers et la lutte contre le fascisme dans un manifeste puissant. Elle signe également le tract « Appel à la lutte » en signe de protestation face aux émeutes de l’extrême droite en 1934. Femme forte et engagée, la figure de Dora Maar s’impose de façon plus claire chez le visiteur.

 

La rencontre avec Picasso

En 1935, Dora Maar est recrutée comme photographe de plateau sur le film de Jean Renoir, Le Crime de monsieur Lange. C’est à cette occasion que l’artiste fait la rencontre mythique de Picasso. Les deux artistes vont débuter une relation, de plus de 8 ans. Mais Dora Maar n’est pas assignée qu’au rang de muse, elle participe aux projets créatifs de son amant. Pour Guernica, Dora participe à la documentation et photographie la naissance du chef d’oeuvre pour aider aux premières retouches. Si elle est le modèle de l’espagnol, Picasso est aussi le sujet de la parisienne. Dans cette relation d’échanges admiratifs, les deux amants se peignent et se prennent en photo. Cette fascination réciproque influence particulièrement la photographe et l’oriente déjà vers un nouvel univers.

 

Le renouveau de l’artiste

Inspirée par son amant, Dora Maar s’essaye à un nouveau médium : la peinture. Celle qui avait fait ses lettres de noblesses dans la photographie se détourne de l’argentique pour l’huile sur toile. Loin des portraits de mode, Dora Maar expérimente au surréalisme. L’artiste use et abuse de collages pour créer des réalisations surprenantes empruntes d’onirisme. Reste dans ce travail de construction et de déconstruction, la présence toujours aussi omniprésente de la femme. Elle a beau se confondre avec les objets, être démembrée, maquillée sous des traits nouveaux, la femme est invoquée dans chacune des peintures de la parisienne.
Le visiteur ne pourra que sortir enchanté de cette rétrospective inédite. Plus que réhabiliter Dora Maar au premier plan, le Centre Pompidou la replace dans une époque captivante et suit ses pérégrinations au cœur d’un siècle en mouvement. Les films et reportages d’époque ponctuent la visite et renforcent le voyage proposé d’ores et déjà par les photographies de l’artiste. Dans cette traversée du XXième siècle où Dora est reine, on apprend tout de cette inconnue. Militante, photographe, amante, peintre, muse, créatrice, Dora Maar s’efface presque au Centre Pompidou. Sous les apparats du fantasme, on croirait presque apercevoir Henriette Theodora Markovitch.

 

 Informations pratiques :
Plein tarif : 14 euros
Tarif réduit : 11 euros
Lien Billeterie
Place Georges-Pompidou, Paris
: Rambuteau (ligne 11), Hôtel de Ville (lignes 1 et 11), Châtelet (lignes 1, 4, 7, 11 et 14)
 : Châtelet Les Halles

Marie Galassi

Arpenteuse de lieux culturels en tout genre, Marie aime faire partager ses découvertes. Curieuse et un peu geek, elle parcoure la capitale à la recherche d'expositions inédites. Si vous la croisez à une exposition, vous la verrez appareil photo à la main et sourire aux lèvres. Voir tous ses articles

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